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📔Retour Ă  l’Ă©cole !

J’ai fait ma rentrĂ©e, j’ai commencĂ© mon stage et je me suis plongĂ©e dans l’inconnu.
Un retour Ă  l’Ă©cole Ă  plus de 30 ans !

J’ai Ă©crit ce billet au tout dĂ©but de mon stage, les choses Ă©voluent et je ferai sĂ»rement un bilan quand je l’aurai fini ! Je ne fais que semer des graines de rĂ©flexion, et j’attends de voir comment elles germent. Bonne lecture 😊

Profitant d’une pause merveilleuse et nĂ©cessaire, j’ai tout remis Ă  plat.

J’ai travaillĂ© dans l’édition (un tout petit peu, trop peu), dans la comm’ et le dĂ©veloppement de rĂ©seau. Toujours derriĂšre mon Ă©cran, avec pour interlocuteur principal un ordinateur peu bavard. Je gĂ©rais des tableaux Excel, des fichiers InDesign, j’envoyais des mails et passais beaucoup beaucoup d’appels. Une communication distante, rarement instantanĂ©e, souvent dĂ©calĂ©e. J’avais cette sensation de chercher davantage Ă  ce qu’on se comprenne bien – mon interlocuteur-trice et moi – plutĂŽt que de chercher Ă  communiquer ensemble autour d’un projet commun.

J’avais des objectifs chiffrĂ©s, de la mĂ©thode, de l’organisation. J’aime ça, planifier, prĂ©voir, organiser. La cĂ©lĂšbre « gestion de projet ». Mais quelque chose me manquait.

La communication orale, humaine et directe était trop absente de mon quotidien.

OĂč je dĂ©couvre les formations pour adultes

Aujourd’hui, je suis en formation pour travailler dans le social. Je me retrouve dans un monde oĂč il n’y a que de l’humain, ou presque.

C’est dĂ©routant au dĂ©but, de ne pas parler process, Excel ou donnĂ©es. C’est dĂ©routant de parler sans passer par des tableaux croisĂ©s dynamiques.

On parle, on apprend, on prend le temps d’échanger, sans crainte de « ne plus avoir le temps de » et sans pour autant rentrer chez soi Ă  des heures tardives.
Ma formation consiste Ă  construire ensemble ce que sera notre mĂ©tier, avec un formateur pour encadrer et nous guider. Bien sĂ»r, on apprend le jargon, les bases de l’andragogie (la pĂ©dagogie pour adultes) et le labyrinthe qu’est l’administration française. En clair, nous dĂ©finissons un cadre et des outils communs.

En parallĂšle de cette formation, je suis en stage pour mettre en pratique ces nouvelles connaissances.

Encore un nouvel espace de communication

Et bam, je quitte l’espace commun de la formation, pour me retrouver seule, sans mes camarades, dans une nouvelle structure. Nouveaux codes, nouvelles habitudes, nouveau langage. La structure que j’intĂšgre s’adresse Ă  un public de jeunes en dĂ©crochage que nous accompagnons pour trouver un emploi ou une formation. J’y cĂŽtoie donc deux « espaces », d’un cĂŽtĂ© les salariĂ©-e-s, de l’autre, des jeunes. Langages diffĂ©rents, postures diffĂ©rentes, situations diffĂ©rentes.

Et re-bam, je me re-retrouve face Ă  l’inconnu. Des jeunes en thĂ©orie de 16 Ă  30 ans (mais plutĂŽt 16/20), en dĂ©crochage scolaire, sans emploi, sans facilitĂ©, sans volontĂ©, parfois perdus dans un monde qui attend d’eux des choses qu’ils ne comprennent pas.

Etre l’autoritĂ© ?

Face Ă  ces jeunes je suis une adulte et ça, c’est la premiĂšre petite claque que j’ai.

Je suis maman, adulte, dĂ©tentrice d’un savoir qu’ils n’ont pas. Je les encadre. j’incarne quelque chose que je ne pensais pas ĂȘtre : une figure d’autoritĂ©.

Je dois gĂ©rer les attentes qu’ils ont de moi (ils en ont plein !) Ils ne les verbalisent pas comme moi donc je dois lĂ  encore m’adapter Ă  une nouvelle maniĂšre de communiquer. Trouver un espace de langage commun oĂč on se comprend, oĂč on se rencontre.

Il serait absurde de dire qu’on est Ă©gaux eux et moi. On ne peut ignorer la posture de l’adulte, de la figure d’autoritĂ©. Dans ce cadre, je suis celle qu’on vouvoie, qu’on considĂšre comme « supĂ©rieure » j’incarne le savoir descendant. MĂȘme si on met en place toute une pĂ©dagogie Ă©galitaire, avec des outils d’éducation populaire et la volontĂ© de transmettre et de recevoir.

Avoir conscience de ça, c’est essentiel pour ĂȘtre cohĂ©rente et avoir une dĂ©marche honnĂȘte. C’est avoir conscience de ses privilĂšges. Mon savoir est plus valorisĂ© (et donc valorisant), je viens d’un milieu social et culturel qui m’a rendu la vie plus simple et surtout je possĂšde assez de ressources et un entourage solide. Ce n’est pas le cas de ces jeunes Ă  qui il manque des appuis. Notre rĂŽle c’est qu’ils en retrouvent, qu’ils se les construisent.

Mal-ĂȘtre et dĂ©pression

Je suis touchĂ©e bien sĂ»r par les creux que je ne pourrai pas combler, par leur dĂ©sillusion et leur mal ĂȘtre.

Depuis le COVID, quelque chose s’est brisĂ©.

On a intĂ©grĂ© Ă  notre quotidien l’idĂ©e d’une possible fin, d’une fin individuelle et collective, d’un danger possible qu’on ne peut maĂźtriser.
Et ça donne des jeunes, dĂ©jĂ  peu privilĂ©giĂ©s (dĂ©terminisme social tout ça) touchĂ©s par la dĂ©pression et le mal ĂȘtre.
Ça rend humble de ne pas pouvoir aider. Ça met en colĂšre de ne pas aider ou que l’autre n’accepte pas d’aide.

Evidùùùmment, qu’on fait ça avec de l’amour, moi en tout cas c’est ce que je mets dans tout ce que je fais, de l’amour. De la joie aussi, je mets de la joie. Ça n’enlĂšve pas la rĂ©alitĂ© mais ça me permet d’avancer, de construire et d’y croire.


 

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Encore de la lecture ?