PortĂ©e par l’envie de trouver un moment reposant et l’envie de m’ouvrir Ă de nouvelles choses, j’ai osĂ© me lancer dans une nouvelle expĂ©rience ✨
J’ai toujours créé. Une amie m’a dit que j’Ă©tais crĂ©ative et mĂŞme si ce mot est bien trop grand pour la petite personne que je suis, je comprends pourquoi elle a dit ça. Vu de l’extĂ©rieur, je peux donner l’impression de faire plein de choses.
J’aime dĂ©couvrir et m’approprier des nouveaux savoirs et essayer de les transformer en savoir-faire.
J’aime les bijoux ? Allez j’achète laiton, scie, chalumeau et zou je crĂ©e mes bijoux (qui sont en souffrance dans mon atelier depuis un an)
J’aime manger ? J’apprends (tĂ´t) Ă cuisiner, je chine de nouvelles saveurs, je lis des ouvrages et je teste comme une chimiste de nouvelles associations dans ma cuisine.
J’aime tricoter ? Allez, je me lance dans la crĂ©ation d’un châle en dentelle et passe des heures Ă choisir le bon mohair.
J’aime la laine ? Je collectionne les peaux d’oignons er d’avocat (en souffrance dans mon atelier, Ă cĂ´tĂ© de mes bijoux) pour faire de la teinture vĂ©gĂ©tale.
Ce sont des exemples de certaines choses que j’ai tentĂ©es ou que je continue Ă fabriquer.
Il faut bien noter que je manque de temps et plus que ça, d’occasion pour tout dĂ©velopper.
Regarder le mur en respirant
Depuis quelques temps, je sens l’anxiĂ©tĂ© sur le pas de ma porte mentale. PrĂŞte Ă sonner avec son doigt dĂ©charnĂ© et son sourire carnassier. Je ne vais pas lui ouvrir, parfois la politesse ne paie pas.
Mon formateur et ma psy me parlent de mĂ©ditation de yoga. Je ris. Moi ? Sur mon canapĂ© Ă fixer le mur en pensant Ă rien ? C’est plus une dĂ©pression qu’un apaisement. Je fais dĂ©jà ça le soir dans mon lit quand je fixe le plafond.
Quand même, ça me fait cogiter cette histoire de « devoir se poser ».
Comme si « se poser » était la réponse à tout. Comme si « se poser » était le synonyme de méditer. « Médite ! Ça te fera du bien » est le nouveau « tu es triste ? Arrête ! »
Pourquoi cette obsession et cette croyance qu’il faut « ne rien faire » en mĂ©ditant ? Pourquoi cette injonction ?
Moi, je peux pas ne rien faire. Je comprends que ça aide certaines personnes mais moi, pas du tout !
Ça me fait culpabiliser, ça m’angoisse mĂŞme quand tout va bien, ça me perturbe. Mon attention devient flottante et mon esprit part dans tous les sens, sans se fixer, attirĂ© par les abĂ®mes de l’angoisse qui se matĂ©rialisent sous forme de questions. Quand je ne fais rien, je saute de questions en rĂ©ponses en questions en rĂ©ponses en questions en rĂ©ponses. Et par « questions » j’entends des questions type « On mange quoi ce soir ? », « Est-ce que j’ai enlevĂ© ma clĂ© de la porte ? »
Mon corps ne fait rien mais mon esprit fabrique de la pensée et ça ne me repose pas du tout, me détend encore moins.
L’anxiĂ©tĂ© attend toujours sur le seuil de mon palais mental pour venir squatter mon bonheur quotidien sans payer de loyer.
Et j’ai envie de lui fermer la porte au nez, de lui tourner le dos et regarder des choses bien plus douces.
La fabrication comme réponse
Parce que ma rĂ©ponse Ă l’anxiĂ©tĂ© a toujours Ă©tĂ© de « faire », de « produire », je dois crĂ©er de la nouveautĂ© dans ma vie.
Depuis trois ans, je fais des choses sur un coup de tĂŞte et me lance dans des aventures petites ou grandes. Après tout, je n’ai jamais essayĂ© d’ĂŞtre heureuse « comme ça ». Et si je tentais ? Au pire je reviens vers mon malheur connu et mon anxiĂ©tĂ© habituelle.
C’est comme ça que j’ai commencĂ© une thĂ©rapie.
C’est comme ça que je suis devenue maman.
C’est comme ça que je me suis reconvertie.
Alors quand j’ai senti que la dĂ©prime revenait, je me suis posĂ©e et me suis Ă nouveau questionnĂ© « Qu’est-ce que j’ai envie de faire, que je n’ai jamais osĂ© faire Ă cause de l’anxiĂ©tĂ© et que je pourrais tenter avec un nouveau regard joyeux ? »
Vous savez ce que j’ai toujours dit de moi avec la certitude que j’Ă©tais nulle ?
Que je ne savais pas dessiner.
Que je ne savais pas chanter.
Se lancer dans la couleur
Parce que ma rĂ©ponse Ă l’anxiĂ©tĂ© a toujours Ă©tĂ© de « faire », de « produire », je dois crĂ©er de la nouveautĂ© dans ma vie.
Depuis trois ans, je fais des choses sur un coup de tĂŞte et me lance dans des aventures petites ou grandes. Après tout, je n’ai jamais essayĂ© d’ĂŞtre heureuse « comme ça ». Et si je tentais ? Au pire je reviens vers mon malheur connu et mon anxiĂ©tĂ© habituelle.
C’est comme ça que j’ai commencĂ© une thĂ©rapie.
C’est comme ça que je suis devenue maman.
C’est comme ça que je me suis reconvertie.
Alors quand j’ai senti que la dĂ©prime revenait, je me suis posĂ©e et me suis Ă nouveau questionnĂ© « Qu’est-ce que j’ai envie de faire, que je n’ai jamais osĂ© faire Ă cause de l’anxiĂ©tĂ© et que je pourrais tenter avec un nouveau regard joyeux ? »
Vous savez ce que j’ai toujours dit de moi avec la certitude que j’Ă©tais nulle ?
Que je ne savais pas dessiner.
Que je ne savais pas chanter.
Dans la couleur, la fierté
Je suis fière.
Fière d’avoir osĂ©.
Fière de pouvoir dire à ma fille « viens sur mes genoux, je dessine quoi ? Une carotte ? Ok »
Sans réfléchir, portée par le mouvement de cette main amie et de ma fille sur les genoux.
Pour une fois, elle n’a pas Ă©tĂ© déçue et moi non plus.
Je me régale à dessiner, étaler de la couleur, remplir des petits carrés imparfaits pour faire mes nuanciers.
Et vous savez quoi ? Ça me détend, ce moment où je crée, appliquée, concentrée et souriante. Je suis méthodique, sérieuse et ça, ça me surprend.
Plus que ça, je me sens libre de rater.
Parfois c’est laid et j’en ris. Parfois c’est laid et c’est pas grave.
Je dis souvent « tant pis » avant de recommencer.
Et pour une production où je suis fière de moi, il y a des dizaines de productions de tests, de tentatives maladroites dont je tire quelque chose. Cette chose c’est du temps de calme, de la technique, une nouvelle maitrise.
Rire et créer sont des choses précieuses dans ma vie, et je prends enfin le temps de les chérir.
Et je ne suis pas nulle. Ou peut-ĂŞtre que si. Et tant pis ?
Et vous, qu’est ce qui vous apaise, vous recentre ? Sur quoi vous aimez passer du temps ?




