Le smartphone a pris une place trop importante dans ma vie, un espace que je préfèrerais dédier à la créativité.
Je n’utilise aucun des réseaux sociaux que beaucoup jugent incontournables. Je ne supporte pas le sentiment d’être voyeuse, je n’aime pas exposer ma vie, être reconnaissable. Je ne vous apprends rien, tout est centré sur l’idéalisation d’individus. Moi, ça ne me touche pas. Je ne trouve personne ✨inspirant✨ et ce mot m’insupporte autant que bienveillance.
Mon téléphone, lui, reste un compagnon fidèle, parfois un peu trop. Il m’informe, me relie, me distrait mais il m’aspire aussi. C’est une présence constante, un geste machinal, un outil à tout faire, qui, ironiquement m’empêche de faire.
J’ai envie de changer ces habitudes profondément et que mon téléphone ne soit pas mon ami.
Une fatigue cognitive
Les réseaux sociaux m’épuisent. J’ai essayé TikTok une fois, au bout de 10 minutes, j’étais rincée.
Cette suite infinie de contenus courts, qui s’enchaîne en boucle, ça fait saccader ma pensée. Le schéma « je consomme, j’intègre, je construis une pensée » est complètement brisé. Il ne reste « je consomme » et le reste de cette suite logique d’appropriation du savoir disparait. J’en ressors frustrée, mon cerveau se remettant de son cloche-pied mental.
Expérience non appréciée. Est-ce générationnel ? Je n’ai pas trouvé les bons contenus ? Peut-être les deux.
Par contre, comme je fabrique, crée et invente des choses avec mes mains, j’utilise Internet comme inspiration. Je regarde des objets et des formes, je regarde des matières et de nouvelles techniques.
L’illusion de faire
Il n’y a pas tant de différence entre consommer du contenu Tik Tok et ma consommation d’Internet au final. Si l’élan est le même, le constat reste : je passe trop de temps la tête un peu penchée sur un écran, la lumière bleue se reflétant sur mon visage concentré.
Si mes douleurs à la main ne me rappelaient pas de lâcher mon téléphone, je pourrais être y rester collée des heures.
Je regarde des œuvres, des créations, des gens faire. C’est piégeux, parce que rester dans cette posture me maintient dans une forme de passivité, et j’en viens à m’approprier la satisfaction, d’avoir crée
Je suis alors une Incompétente inconsciente et je vis par procuration la satisfaction d’avoir créé. La réalité, c’est que je n’ai ressenti aucun plaisir, je n’ai touché aucune matière.
Mais ? Qui débarque avec ses sabots tonitruants et sa grosse masse, prete à défoncer un peu de confiance en moi ? Ne serait-ce pas… la culpabilité ? L’auto culpabilisation d’avoir été passive alors que j’ai besoin d’agir, que j’aime faire ? MAIS SI !
Comment vais-je transformer dans mes créations ce que je viens de voir et que j’aurai oublié dans quelques minutes ?
Vers un nouveau rythme
J’ai cherché une solution non punitive : l’idée n’est pas de me mettre dans une situation inconfortable.
Dire non au smartphone ? Acheter un vieux Nokia 3310 ?
J’ai listé et classé ce que je fais sur mon téléphone.
Je m’en sers principalement pour m’inspirer, pour gérer mon quotidien et pour garder contact avec ma famille. Je suis loin de mes proches, pour autant, le téléphone n’est pas un membre de ma famille et ne doit pas en être un substitut.
J’ai classé mes différentes utilisations et sans surprise, de cette liste, je peux changer plein de choses.
Ce que je garde :
Appel quotidien Ă ma Mamie
Ecrire Ă mes amies
Téléphoner à ma famille
Prendre en photo et filmer Saucisse (si belle et drĂ´le, je voudrais pouvoir tout immortaliser)
Je garde mais :
Consulter les actus politiques : radio ou lecture d’articles longs à certains créneaux
Lire des newsletter sur Substack : je garde mais à des créneaux précis
Je vire :
Vérifier des infos culturelles : Je vais utiliser la radio et les magazines de la ville
Chercher l’inspiration : dans mes livres et cahiers
Regarder l’heure : je vais mettre ma montre
Vérifier le passage des transports en commun pour aller chercher Saucisse = je vais tout noter sur le frigo
Ecouter de la musique = j’ai des bonnes enceintes
Augmenter ou baisser mon chauffage : le machin (je ne connais pas le nom de ce bidule) pour modifier la température du chauffage est super galère à utiliser, mais je peux peut-être, à tout hasard, faire un effort ?
Chercher des recettes : ouvrir mes livres
Ancrer l’inspiration
J’ai envie d’installer ça profondément dans ma vie, de construire une habitude. Le point le plus important pour moi, c’est l’inspiration (bijouterie, tricot, couture, webdesign).
Pendant ce mois de novembre, je vais utiliser une technique ancestrale : le papier ! J’ai déjà un classeur avec plein de patrons, des dessins de bijoux… Je vais donc revenir au papier, un carnet de recettes et de créations. Revenir aux objets, les toucher, les sentir, les faire exister.
En Novembre, je vais installer ça, faire le point sur mes livres, mes classeurs, mes cahiers pour ne pas « perdre » de ressources d’inspiration. Je ne m’empêcherai pas d’utiliser mon smartphone même si je vais désinstaller mes applis.
Accepter la lenteur
Quitter le téléphone et l’instantanéité du téléphone et ce besoin frénétique d’avoir la réponse à mes questions à l’instant T, c’est accepter l’arrivée de la lenteur. Oui, je vais devoir attendre, patiemment, réfléchir autrement, refouiller dans ma mémoire, y croiser d’autres souvenirs, plus riches encore que la réponse que je cherchais.
Je vais retrouver cette habitude de supprimer le téléphone le dimanche après 8h45 (après mon appel quotidien à ma Mamie) et arrêter de vérifier la filmographie de l’ensemble du casting présent à l’écran pendant que je regarde un film ou une série.
Je commence dès samedi et vais construire autre chose pour m’éloigner de l’écran.




