Fière maman d’une Saucisse curieuse, j’apprends chaque jour de cette nouvelle chose qu’est la maternité. J’apprends à côtoyer un monde de merveilles.
Avant propos : Pour ce premier post (c’est intimidant), je voulais parler de parfum, mais mais mais. Mais j’ai Saucisse qui fait partie de ma vie. Saucisse c’est ma fille, mon bébé de poche (elle est toute minus) et avec elle, j’ai appris une chose incroyable : l’émerveillement. C’est cette merveille qui guide chacune de mes prises de décisions et me donne de l’énergie et de la joie, notamment pour écrire. Je ne pouvais pas me lancer dans un projet sans parler de cette découverte. Voici donc une des nombreuses choses que la rencontre avec Saucisse m’a apportée.
Allez, 3… 2… 1… attachez votre ceinture et let’s gooooooooooo !
J’aurais aimé lire des choses sur la maternité et pas seulement « on ne dort plus », « on aime de manière inconditionnelle », « caca », « vomi » et autres choses qui font partie de ma vie. Si mes cernes sont devenues des locataires ingrats de mon visage, j’ai la chance d’avoir rencontré un petit soleil. Un soleil qui a réchauffé ma vie.
Découvrir le monde
Avant de tomber enceinte, j’étais terrifiée à l’idée d’avoir un enfant, c’était impensable, autant que de devenir milliardaire, ça NE POUVAIT PAS m’arriver. A quoi ça ressemble d’être enceinte ? d’être maman ?? Et puis c’est arrivé, et je ne le réalise toujours pas, comme si je vivais la vie d’une autre.
Imaginez, vous prenez ce que vous pensiez savoir de vous, vos croyances sur vous-même et pouf, tout disparait. Difficile à concevoir hein ? Si j’en parle c’est parce que j’aurais aimé connaître ça avant. « Ça » c’est trouver de la joie dans tout ce qui m’entoure.
Chaque jour, je vois ma Saucisse découvrir le monde et poser ses grands yeux clairs sur des choses qu’elle n’avait jamais imaginées.
Quand je vois le bonheur que lui procure chaque découverte et les étincelles dans ses yeux, je ne peux qu’accompagner sa curiosité du monde avec le plus grand des amours. Comprenez, elle découvre TOUTES les sensations. Nous voir, toucher nos visages, se cogner, se déplacer, manger, boire, faire des roulés-boulés… Nos quotidiens sont rythmés par ces illuminations.
S'émerveiller ensemble
Prenons un cas concret, qui ne fait rêver personne : déposer son bébé à la crèche. A l’aller, on se dépêche, hop je mets mon bébé sur le ventre et zou ! on fend l’air comme deux bolides pour arriver à l’heure. Mais le retour… Le retour mes amies, c’est une autre paire de manches. Ainsi, nous avons nos rituels, quand on rentre de la crèche on passe par un « chemin des feuilles » (je l’ai appelé ainsi car la rue est bordée de haies). Saucisse aime toucher les feuilles, toutes les feuilles, et regarder les arbres, tous les arbres. Tout bébé déjà, elle criait de joie en voyant les branches danser et le soleil passer au travers. Depuis, elle a découvert les murs et les portails qu’elle gratte du bout des doigts. Elle crie « wou wou » quand elle voit un chien et « da da da » de colère si on le dépasse sans avoir pris le temps de l’approcher. Elle palpe, frôle, elle découvre le rugueux, le chaud, le froid, le métallique.
Elle fait « coucou » à tous les gens qu’on croise, leur fait des sourires, des grimaces et peste parfois quand ils ont l’indécence de ne pas répondre (les mêmes qui forcent les enfants à dire « bonjour madaaaame »). Si on ne sort pas assez, elle me fait comprendre que « hé ho c’est l’heure de faire coucou aux gens ». J’ai un bébé sociable et curieux, parfois c’est fatiguant mais toujours réjouissant.
La découverte n’est pas qu’hors des murs, elle est aussi dans la maison. Comme tous les bébés de son âge, elle aime taper avec une cuillère sur ses jouets, est-ce que ça vibre ? Retestons ! Est-ce que ça fait clang ou cling ? Retestons ! Si elle doit tester 48 fois, elle tapera 48 fois. Et moi, je suis là, j’observe sa joie et la vit avec elle.
Je m’émerveille des ombres sur les murs, des chiens, des petites miettes sous la table (vous verriez son air si fier quand elle trouve une miette, non mais une miette quoi, quel trésor !) Je partage sa joie d’attraper mes boucles d’oreilles, de vider son verre dans son assiette, de jeter son gâteau au sol et d’entendre un léger « boum ». (Oui, suis très patiente.)
Nouvelles joies & nouvelles peurs
Ce qui me fait peur, c’est la frustration. J’ai beau savoir que ça fait partie de la vie, me confronter à ça un jour m’inquiète. Serai-je à la hauteur ?
Aujourd’hui, ma fille a été frustrée d’un « non » que je lui ai imposé (après bien sûr avoir expliqué). Elle a pleuré d’incompréhension, de privation de sa découverte. Comme toujours, j’ai proposé autre chose, mais non. Certains diraient que c’était un caprice (alors qu’on sait que les caprices ne se développent que bien plus tard), et quand bien même ? N’est-ce pas difficile de se voir refuser un objet ? De recevoir un « non » qu’on ne comprend pas ? Le rôle de maman ne se limite pas à se réjouir des découvertes de son enfant (même lorsqu’il s’agit de tentative de peinture rupestre avec une couche sale) mais aussi d’accompagner et parfois d’être à l’origine d’injustice. Et ça, ça me terrifie.
Mais chaque jour j’apprends, j’apprends à être maman, et ça, je l’apprendrai aussi.




