Les questions qui bloquent
Jâai listĂ© tout plein de questions pour trouver LA cause de ce blocage. Des questions qui vont du pourquoi au comment en passant par le « p*****, jâarrive mĂȘme plus Ă rĂ©flĂ©chir » voici une petite sĂ©lection :
Pourquoi les romans que jâimagine sont coincĂ©s dans ma tĂȘte ?
Pourquoi, quand jâĂ©cris les mots sont loin de ce que jâimaginais ?
Pourquoi quand jâĂ©cris, câest chiant ?
Pourquoi câest toujours pareil ?
Comment je gÚre le rythme de mon récit ?
Comment ne pas tout dévoiler alors que je suis super fiÚre de la fin ?
Comment rendre une Ćuvre pertinente du dĂ©but Ă la fin ?
Par oĂč ça commence ?
Quel est LE personnage central ? Est-ce que câest x ou y le plus important ?
Est-ce que mon propos est clair ?
Comment passer de A à C en y intégrant B ?
Oh flĂ»te, jâai une nouvelle idĂ©e⊠Je la mets oĂč ??
Quand est-ce que je vais pouvoir écrire ?
Je mets des chapitres ou pas ?
Et si en fait je changeais tout ?
Câest Ă©vidùùùmment une liste non exhaustive des milliers de questions que jâai dans le crĂąne.
Depuis que jâai dit « Bye bye BĂ©bĂ© » Ă mon anxiĂ©tĂ©, je laisse moins de place Ă mes questionnements et anticipation malheureuse. Alors, un beau jour, jâai fini par me lancer.
Mais pendant que mes doigts font clic clic clac sur le clavier de mon PC, devinez qui dĂ©baroule ? Comme ça sans prĂ©venir ? Ces fichues questions bien sĂ»r ! Je les fous de cĂŽtĂ©, fiĂšre de me dire « hĂ© ho je suis lancĂ©e je continue ». Mais ce nâest pas si simple et comme on ferait nouveau jet de dĂ©s, animĂ©e par lâidĂ©e que cette fois « la question serait la bonne », je relance cette machine infernale.
Bref, câest CHIANT et je stagne.
Souvent, quand je ne trouve pas la cause dâun problĂšme, et donc que je nây apporte aucune solution, câest que jâai mal identifiĂ© la cause dudit problĂšme.
Et vous vous en doutez, il nây a pas une cause mais plein de petits facteurs.
Mais surtout, il y a UNE question que je ne me suis pas posĂ©e. Une question pourtant centrale. Celle qui va conditionner et cadrer chaque instant de crĂ©ation. Une question qui est devenue obsĂ©dante. Cette question câestâŠ
Est-ce que câest vraiment un roman que jâimagine ?
Est-ce que cette forme narrative convient ?
Est-ce quâil y a dâautres formes de crĂ©ations qui pourraient sây prĂȘter ?
Et la rĂ©ponse Ă cette question, je ne lâai pas.
Un Ă©lĂ©ment que jâai en revanche, câest que jâai peu de temps. Je suis en formation / en stage et le reste de mon temps je suis « en maman » ou endormie.
Câest mieux dans ma tĂȘte que sur mon Ă©cran
Ok, imaginons que je suis riche, trĂšs riche, que je nâai pas besoin de travailler et que ma fille est gardĂ©e. Jâaurais du temps, non ? Je devrais Ă©crire non ?
MĂȘme pas sĂ»re que jây arriverais comme je le voudrais. Je suis tatillonne, et ce dĂ©faut me prend beaucoup de temps. Quand je dis tatillonne, je parle de lâĂ©criture et pas du rangement de notre chez-nous (ce qui lâont dĂ©jĂ vu le savent, mon chez moi regorge dâimperfections et de petits tas de « moi » Ă©parpillĂ©s partout). Je veux que chaque phrase illustre Ă la perfection ce que jâai dans la tĂȘte, histoire de ne laisser aucune place Ă lâinterprĂ©tation. Alors, je dĂ©cris, je dĂ©cortique, je deviens cette autrice tyrannique et Ă©touffante qui ne veut laisser aucune possibilitĂ© dâinterprĂ©tation hasardeuse Ă la personne qui aurait la curiositĂ© de lire mes Ă©crits mal ficelĂ©s.
Et au final : câest mal Ă©crit, câest chiant, bourrĂ©s de dĂ©tails dont on se fout avec des phrases longues de 18 paragraphes. A force de vouloir tout rendre signifiant, plus rien de lâest et on sâennuie ferme au royaume de Bobbie Casse-PouĂ«t.
Ecrire ensemble ?
Jâaime le collectif, dans le travail, dans ma formation, dans mes projets. Jâaime penser et construire avec dâautres, pour dâautres, ça me nourrit et câest essentiel dans la construction de ma pensĂ©e « engagĂ©e ».
Je crois que jâenvisage lâĂ©criture sous un angle collectif et je considĂšre les ouvrages comme un ensemble dâindividualitĂ©s rĂ©unies autour dâun objet texte â mĂȘme si la crĂ©ation initiale est celle dâune personne. Quand je parle dâun ensemble dâindividualitĂ©s, je pense aux relectrices qui relisent avec minutie et qui enrichissent le rĂ©cit, Ă lâĂ©ditrice qui construit un projet autour dâun Ă©crit initial, avec les correctrices, illustratrices, maquettistes, graphistes, Ă lâentourage bien sĂ»r et tout autre personne qui participe Ă la fabrication dâun objet fictionnel. Et je nâoublie pas les lecteurices bien sĂ»r qui sâapproprient, partagent, donnent un angle de lecture, offrent de nouvelles perspectives et offrent une multitude de vies Ă lâobjet livre.
Est-ce que je suis autrice ? Oui, la preuve avec Substack. Est-ce que je suis autrice fictionnelle ? Non, de toute évidence.
Je crois que ce qui mâattire davantage câest dâintĂ©grer ce collectif, autour dâune Ćuvre dâun-e auteurice oĂč je pourrais participer avec discrĂ©tion – en soulignant certains Ă©lĂ©ments, en proposant des nuances ou en partageant certains passages que jâapprĂ©cie davantage.
Jâai envie de faire des relectures, de construire des projets autour de lâobjet livre, et dâĂ©crire aussi, parce quâon ne mâenlĂšvera pas cette idĂ©e si vite đ
Dans lâapproche collective de lâĂ©criture, il y a les ateliers dâĂ©criture, vĂ©ritables lieux dâexploration littĂ©raire, mais jâen parle une prochaine fois (tout bientĂŽt)đ




