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đŸ–ŠïžJ’Ă©cris, tu Ă©cris, on Ă©crit

Et si on pensait une écriture collective ?
đŸ„łĂ§a fait bientĂŽt un an que je suis dans cet agrĂ©able salon colorĂ© qu’est Substack. Il est temps de parler de mon rapport Ă  l’écriture fictionnelle et crĂ©ative (contrairement Ă  mes posts sur Substack que je considĂšre comme une Ă©criture du fait ou de l’opinion mais dont le sujet n’est pas un objet crĂ©atif.)

Pour cette prochaine annĂ©e, j’aimerais avancer sur de l’écriture fictionnelle (je n’ose mĂȘme pas Ă©crire roman), mais je bute. J’ai deux histoires (je n’ose toujours pas dire roman) qui me trottent dans la tĂȘte jusqu’à s’y ancrer. J’en vois les tableaux, je ris quand je projette des discussions entre les personnages, je perçois avec minutie les paysages et diffĂ©rents lieux. MAIS. Mais le passage Ă  l’écriture coince et je suis dans une phase oĂč j’essaie de comprendre « pourquoi ».

Les questions qui bloquent

J’ai listĂ© tout plein de questions pour trouver LA cause de ce blocage. Des questions qui vont du pourquoi au comment en passant par le « p*****, j’arrive mĂȘme plus Ă  rĂ©flĂ©chir » voici une petite sĂ©lection :

Pourquoi les romans que j’imagine sont coincĂ©s dans ma tĂȘte ?
Pourquoi, quand j’écris les mots sont loin de ce que j’imaginais ?
Pourquoi quand j’écris, c’est chiant ?
Pourquoi c’est toujours pareil ?
Comment je gÚre le rythme de mon récit ?
Comment ne pas tout dévoiler alors que je suis super fiÚre de la fin ?
Comment rendre une Ɠuvre pertinente du dĂ©but Ă  la fin ?
Par oĂč ça commence ?
Quel est LE personnage central ? Est-ce que c’est x ou y le plus important ?
Est-ce que mon propos est clair ?
Comment passer de A à C en y intégrant B ?
Oh flĂ»te, j’ai une nouvelle idĂ©e
 Je la mets oĂč ??
Quand est-ce que je vais pouvoir écrire ?
Je mets des chapitres ou pas ?
Et si en fait je changeais tout ?

C’est Ă©vidùùùmment une liste non exhaustive des milliers de questions que j’ai dans le crĂąne.

Depuis que j’ai dit « Bye bye BĂ©bĂ© » Ă  mon anxiĂ©tĂ©, je laisse moins de place Ă  mes questionnements et anticipation malheureuse. Alors, un beau jour, j’ai fini par me lancer.

Mais pendant que mes doigts font clic clic clac sur le clavier de mon PC, devinez qui dĂ©baroule ? Comme ça sans prĂ©venir ? Ces fichues questions bien sĂ»r ! Je les fous de cĂŽtĂ©, fiĂšre de me dire « hĂ© ho je suis lancĂ©e je continue ». Mais ce n’est pas si simple et comme on ferait nouveau jet de dĂ©s, animĂ©e par l’idĂ©e que cette fois « la question serait la bonne », je relance cette machine infernale.

Bref, c’est CHIANT et je stagne.

Souvent, quand je ne trouve pas la cause d’un problĂšme, et donc que je n’y apporte aucune solution, c’est que j’ai mal identifiĂ© la cause dudit problĂšme.
Et vous vous en doutez, il n’y a pas une cause mais plein de petits facteurs.

Mais surtout, il y a UNE question que je ne me suis pas posĂ©e. Une question pourtant centrale. Celle qui va conditionner et cadrer chaque instant de crĂ©ation. Une question qui est devenue obsĂ©dante. Cette question c’est


Est-ce que c’est vraiment un roman que j’imagine ?
Est-ce que cette forme narrative convient ?
Est-ce qu’il y a d’autres formes de crĂ©ations qui pourraient s’y prĂȘter ?

Et la rĂ©ponse Ă  cette question, je ne l’ai pas.
Un Ă©lĂ©ment que j’ai en revanche, c’est que j’ai peu de temps. Je suis en formation / en stage et le reste de mon temps je suis « en maman » ou endormie.

C’est mieux dans ma tĂȘte que sur mon Ă©cran

Ok, imaginons que je suis riche, trĂšs riche, que je n’ai pas besoin de travailler et que ma fille est gardĂ©e. J’aurais du temps, non ? Je devrais Ă©crire non ?

MĂȘme pas sĂ»re que j’y arriverais comme je le voudrais. Je suis tatillonne, et ce dĂ©faut me prend beaucoup de temps. Quand je dis tatillonne, je parle de l’écriture et pas du rangement de notre chez-nous (ce qui l’ont dĂ©jĂ  vu le savent, mon chez moi regorge d’imperfections et de petits tas de « moi » Ă©parpillĂ©s partout). Je veux que chaque phrase illustre Ă  la perfection ce que j’ai dans la tĂȘte, histoire de ne laisser aucune place Ă  l’interprĂ©tation. Alors, je dĂ©cris, je dĂ©cortique, je deviens cette autrice tyrannique et Ă©touffante qui ne veut laisser aucune possibilitĂ© d’interprĂ©tation hasardeuse Ă  la personne qui aurait la curiositĂ© de lire mes Ă©crits mal ficelĂ©s.

Et au final : c’est mal Ă©crit, c’est chiant, bourrĂ©s de dĂ©tails dont on se fout avec des phrases longues de 18 paragraphes. A force de vouloir tout rendre signifiant, plus rien de l’est et on s’ennuie ferme au royaume de Bobbie Casse-PouĂ«t.

Ecrire ensemble ?

J’aime le collectif, dans le travail, dans ma formation, dans mes projets. J’aime penser et construire avec d’autres, pour d’autres, ça me nourrit et c’est essentiel dans la construction de ma pensĂ©e « engagĂ©e ».

Je crois que j’envisage l’écriture sous un angle collectif et je considĂšre les ouvrages comme un ensemble d’individualitĂ©s rĂ©unies autour d’un objet texte – mĂȘme si la crĂ©ation initiale est celle d’une personne. Quand je parle d’un ensemble d’individualitĂ©s, je pense aux relectrices qui relisent avec minutie et qui enrichissent le rĂ©cit, Ă  l’éditrice qui construit un projet autour d’un Ă©crit initial, avec les correctrices, illustratrices, maquettistes, graphistes, Ă  l’entourage bien sĂ»r et tout autre personne qui participe Ă  la fabrication d’un objet fictionnel. Et je n’oublie pas les lecteurices bien sĂ»r qui s’approprient, partagent, donnent un angle de lecture, offrent de nouvelles perspectives et offrent une multitude de vies Ă  l’objet livre.

Est-ce que je suis autrice ? Oui, la preuve avec Substack. Est-ce que je suis autrice fictionnelle ? Non, de toute évidence.

Je crois que ce qui m’attire davantage c’est d’intĂ©grer ce collectif, autour d’une Ɠuvre d’un-e auteurice oĂč je pourrais participer avec discrĂ©tion – en soulignant certains Ă©lĂ©ments, en proposant des nuances ou en partageant certains passages que j’apprĂ©cie davantage.

J’ai envie de faire des relectures, de construire des projets autour de l’objet livre, et d’écrire aussi, parce qu’on ne m’enlĂšvera pas cette idĂ©e si vite 😊

Dans l’approche collective de l’écriture, il y a les ateliers d’écriture, vĂ©ritables lieux d’exploration littĂ©raire, mais j’en parle une prochaine fois (tout bientĂŽt)😊

Vous pouvez me retrouver sur Substack, pour avoir de mes nouvelles directement dans votre boĂźte mail dĂšs que je publie.

Encore de la lecture ?