La la la je suis encore en retaaaard, je me suis encore lancée dans un tricot soudainement, puis j’ai fait à manger, puis je suis revenue à mon tricot, du coup j’ai cherché un podcast, j’ai repris un AUTRE tricot. Et puis j’ai enfin regardé ma montre et oh la la 18 h est passé depuis longtemps !
***
Je ne suis pas une grande consommatrice mais hé je suis comme tout le monde, je fais des paniers, j’ajoute, j’enlève, je rajoute, je paye et j’attends sagement ma commande.
Je fais beaucoup de cadeaux à Saucisse, je consomme quotidiennement des produits de beauté bourrés de micro plastiques, je porte des bijoux à l’émail et au placage doré qui utilisent des produits polluants. En gros, je suis une meuf occidentale normale à la consommation moyenne.
Le prix de la flemme
Pour coudre des habits de poupées pour la future poupée de Saucisse, j’ai fait un tour à la mercerie. Et que ce soit les couleurs, Saucisse qui joue avec les pompons en chantant « pompon pompon » ou le toucher des moelleux ou doux des tissus, j’ai adoré ce moment.
J’ai aimé hésiter, produits sous les yeux et les mains. J’ai aimé ce micro sentiment de fierté d’avoir fait un choix. J’ai aimé papoter avec la vendeuse, sourire, et échanger.
En sortant du magasin, paf, déclic ! je décide de ne plus acheter en ligne.
Je suis en capacité de me déplacer facilement, je vis en ville, j’ai un niveau de vie qui me permet des plaisirs sans scruter des prix plus bas d’un euro ou deux. Mes achats en ligne sont liés à la flemme et si j’additionne tout, ça fait cher payé la flemme.
Et oui le temps c’est de l’argent gnagna. Moi dans le fond, j’aime prendre le temps, mais surtout, quand je prends le temps d’acheter, je donne de la valeur à ce que j’achète.
Autopsie de mes achats
Cette idée me trotte dans la tête quelques jours avant que je ne le décide vraiment. Pour ça, j’ai fait le point sur ce que j’achetais en ligne.
Je les ai répartis mentalement entre : disponible en boutique / uniquement en ligne et enfin nécessaires / superflus.
Des produits de beauté : disponibles en boutique / nécessaires ;
De la laine : disponible en boutique (mais pas vraiment) / nécessaire ;
Du tissu : disponible en boutique / nécessaire ;
Des habits de seconde main : disponibles en boutique / non-nécessaires ;
Du parfum : disponible en boutique / non-nécessaires ;
Des épices en vrac : disponible en boutique / nécessaires ;
Des produits cosmétiques « naturels » : disponibles en boutique / non-nécessaires
Pour la laine, c’est particulier parce que je n’achète que de la laine naturelle, garantie sans mulesing. Le plus compliqué c’est pour Saucisse, que j’habille à 95 % en seconde main, mais heureusement, c’est la saison des ✨vide-greniers✨ !
Et l’écologie dans tout ça ?
J’ai du mal à me positionner sur la valeur politique de mes achats et des achats en général, les discours restent souvent dépolitisants à ce sujet et trop consensuels. Tout le monde dit et pense « bien acheter ». L’impact écologique et politique des robes que j’achète en friperie plutôt que chez Asos est nul. Ce qui a un impact ce sont les grosses usines de fast fashion, les déchets qu’ils produisent et la misère humaine qu’ils exploitent. L’idée du colibri, c’est une jolie parabole, mais dans un monde où nos micros actions ne sont pas portées par le collectif, ça reste anecdotique.
Alors pourquoi je préfère quand même acheter en boutique ? Sûrement pour me dédouaner un peu et pour faire « ma part » du boulot, pour cocher les cases de la bonne écolo citadine consciente du monde qui l’entoure mais aussi, je dois bien l’avouer, parce que dans le fond, j’y crois un peu. Ça me pousse à moins consommer parce que la seule solution pour préserver notre planète de catastrophes écologiques et humaines ne sera jamais de consommer mieux, mais de consommer moins.
Un des objectifs est évidemment de baisser mes dépenses que je considère toujours trop élevées pour du superflu d’autant que je n’aime pas dépendre d’objets et consommer de manière pulsionnelle. Cette volonté est aussi celle de consommer moins, par choix de vie, choix politique où je ne sais quel mot associé à ce choix mais vous comprenez l’impulsion.
Je veux reprendre le pouvoir sur mes actes d’achats, m’autoriser à craquer et reconsidérer chaque achat comme un petit cadeau que j’offre à Saucisse, à Monsieur Bagarre ou moi-même. Et oui c’est aussi le jeu de la société de consommation, mais on a les deux pieds dedans et vouloir s’en détacher complètement est illusoire.
J’ai conscience que je ne sauverai rien en faisant ça, ni la planète, ni la misère humaine, mais ça me semble important et ça intègre une dynamique plus globale d’engagement.
Â
Et vous, vous consommez comment ?




