rendons les mardis plus joyeux

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🃏Gagner, perdre mais surtout jouer !

Parfois, quand je me décris, je dis « joueuse et gourmande » mais on dirait que je décris un chien.

J’ai toujours aimĂ© jouer. Petite, c’était le Monopoly. Je ne sais pas si j’aimais vraiment (tout le monde est d ‘accord pour dire que c’est le jeu le plus triste de la terre) mais j’aimais ce moment oĂč on se posait collectivement, oĂč les mĂ©caniques s’associent, les rĂšgles cadrent et oĂč la danse commence. On arrĂȘte avant d’avoir gagnĂ© ou perdu, mais on a passĂ© un moment Ă  construire et Ă  dĂ©ployer des stratĂ©gies.

J’ai retrouvĂ© cet amour pour le jeu Ă  l’ñge adulte, et un monde de stratĂ©gie, de tuiles et de jetons s’est ouvert Ă  moi.

Jouer > Baiser

Il y a quelques jours, nous avons pris une décision de couple : rejouer aux jeux de société !

Nous avons arrĂȘtĂ© de jouer il y a un peu plus de 2 ans, quand nous avons achetĂ© un nouveau jeu. La DA Ă©tait originale, lĂ©gĂšrement enfantine et cauchemardesque, nous avions Ă©tĂ© sĂ©duits.

Et puis on l’a essayĂ©. Enfin essayer
 On a eu beau lire et relire les rĂšgles, regardĂ© des vidĂ©os, nous n’avons rien compris. Rien n’y faisait : on s’est sentis bĂȘtes. Impossible de savoir s’il s’agissait d’un jeu de placement de tuiles, d’observation, de combinaison
 Bref, c’était clair comme du jus de boudin cette histoire. Ça + un bĂ©bĂ© + un achat immobilier, ça a mis un stop Ă  notre frĂ©nĂ©sie ludique.

Et puis, il y a une vingtaine de jours, j’ai eu envie de retrouver la joie de dĂ©couvrir un nouveau jeu. Nous en avions 4 en souffrance, qui attendaient qu’on arrache le blister qui les conservait, qu’on dĂ©balle les jetons et dĂ©plient les plateaux. Nous avons profitĂ© d’une journĂ©e en tĂȘte Ă  tĂȘte pour nous offrir une parenthĂšse ludique dans nos vies faites de boulot, stages et couches.

Quel bonheur d’ouvrir une boite et de dĂ©couvrir des jetons et des cartes, d’ĂȘtre perdue devant les symboles et la signification des couleurs. Et quelle excitation de se dire qu’aprĂšs une lecture attentive des rĂšgles, j’allais dĂ©crypter ce nouveau langage, dĂ©veloppĂ© des stratĂ©gies, ressentir la frustration et une petite pointe d’adrĂ©naline au moment fatidique !

Vive l’égalitĂ© des chances (non je suis pas devenue socialiste)

Il y a autant de jeux que de joueureuses. Je m’attache assez peu aux mĂ©caniques de jeux (placement, enquĂȘte, construction, deck building
), ce n’est pas pour moi le critĂšre de choix principal d’un jeu. Voici mes critĂšres principaux pour le choix d’un jeu :
  • J’aime les jeux « ouverts » ou « pas complĂštement fermĂ©s », j’aime quand chaque personne a sensiblement les mĂȘmes informations.
  • Je cherche des jeux oĂč coexistent plusieurs maniĂšres de gagner (ou de perdre). Pour moi, c’est important que les joueureuses ne dĂ©veloppent pas la mĂȘme stratĂ©gie pour un mĂȘme objectif.
  • J’aime que chacun-e puisse ĂȘtre Ă  l’aise avec une maniĂšre d’aborder le jeu, de pouvoir gagner, ou perdre en fonction de ses propres objectifs. Etant en couple avec une seule personne et Saucisse n’ayant que 2 ans, je cherche des jeux qui peuvent se jouer Ă  deux.
  • J’aime la rejouabilitĂ©, et les jeux rapides. Enchainer les parties, se lancer un regard complice qui veut dire « allez, encore une ? »
  • J’aime les jeux assez posĂ©s, qui demande de poser des jetons, de rĂ©flĂ©chir un peu, qui sont sereins. Les jeux « d’ambiance » oui, mais entre potes pour lancer une soirĂ©e jeux.
Tout ça rĂ©unit, fait que j’aime gagner ou ne pas gagner, j’aime que l’autre gagne, j’aime tester des stratĂ©gies, les voir Ă©chouer ou rĂ©ussir. Je ne joue pas pour gagner, je joue pour passer un moment avec l’autre, autour d’une activitĂ© commune.

Bon, on joue Ă  quoi ?

Allez trĂȘve de papotages, voici trois jeux que je recommande et qui correspondent Ă  la plupart des critĂšres ci-dessus. Si ça vous intĂ©resse, je prĂ©pare une deuxiĂšme fournĂ©e !

Honshu, le jeu calme et posé

ImaginĂ© par Kalle Malmioja ‱ DessinĂ© par Ossi Hiekkala et Jere Kasanen ‱ EditĂ© par Lautapelit
2 à 5 joueureuses ‱ 30 minutes environ ‱ A partir de 8 ans

Honshu, c’est un jeu de gestion de ressources et de placement, avec des plis qui plante son dĂ©cor dans le japon mĂ©diĂ©val. On crĂ©e une zone urbaine et forestiĂšre avec des lacs, des maisons, des forets et des exploitations. Un peu de hasard se glisse dans ce jeu de construction pour bousculer nos stratĂ©gies, mais ne prend jamais le dessus.

Ici, c’est un ensemble de mĂ©caniques (plis, draft, gestion de ressources et placement) savamment dosĂ© pour offrir un jeu complet, subtil qui ne demande pas de dĂ©ployer de grandes stratĂ©gies pour gagner. On adapte sa stratĂ©gie, on l’affine au fur et Ă  mesure du jeu, de l’autre joueureuse. Une jolie chorĂ©graphie, calme et sereine.

Je vous le conseille si vous voulez jouer une trentaine de minutes, sur une table pas trop petite mais pas trop grande, aprĂšs un repas sympa, avec une personne que vous aimez et une boisson de votre choix. Un jeu doudou, oĂč gagner n’est jamais Ă©lectrisant et perdre jamais frustrant.

Petit point de dĂ©ception : le Japon n’est prĂ©sent que sur la boĂźte et l’action aurait pu se passer Ă  Roquefort La BĂ©doule que ça n’aurait rien changĂ©.

Onitama, des échecs en moins de 20 minutes, owi !

ImaginĂ© par Simpei Sato ‱ EditĂ© par Igiari
2 joueureuses ‱ 15 minutes ‱ A partir de 14 ans

Vous aimez les Ă©checs ? Pas moi. Mais j’aime Onitama !

Onitama, c’est un jeu d’échec minimaliste mĂȘlant cartes et dĂ©placements. Comme aux Ă©checs, on a un plateau et des pions. Il y a deux types de pions, le MaĂźtre (ouais les maĂźtresses apparemment c’est juste pour le cul) et les disciples. Le but de chaque joueureuse est de capturer le MaĂźtre de son adversaire ou de dĂ©placer son MaĂźtre sur l’autel adverse. Pour dĂ©placer ses pions, on utilise des cartes, 5 par parties, visibles et partagĂ©es par les joueureuses.

Les parties sont rapides et les stratĂ©gies mĂ©ticuleuse accessibles. Cette rapiditĂ© est permise grĂące aux cartes visibles par les 2 joueureuses et au nombre de pions limitĂ© Ă  5 (1 MaĂźtre et 4 disciples par personne). La rejouabilitĂ© est maximale, il suffit de changer les cartes, pour permettre d’autres mouvements et Ă©tablir d’autres stratĂ©gies. Un jeu que j’adore comme un petit plaisir rapide, une petite pause ressourçante qui nous fait dire « zut j’ai perdu » ou « chouette, j’ai gagnĂ© ! » lors d’une journĂ©e qui manquait d’une petite Ă©tincelle.

Mais Mathieu de Ludovox parle bien mieux que moi de ce jeu minimaliste et passionnant !
(D’ailleurs les Ludo-Chrono de Ludovox, c’est top pour comprendre un jeu en moins de 5 minutes, je vous recommande la chaüne ++ !!)

Parks, la rando sans les courbatures

ImaginĂ© par Henri Audubon ‱ IllustrĂ© par Fifty Nine Parks print series ‱ EditĂ© par Matagot

1 à 5 joueureuse(s) ‱ 30 minutes ‱ A partir de 10 ans

Je ne suis pas une fan de randonnĂ©e. Je crois ne pas en avoir fait assez pour apprĂ©cier d’observer un beau paysage avec les mollets qui tirent. J’aimerais beaucoup aimer ça, mais pas assez il faut croire pour prendre le temps d’organiser ça.

Pour pallier ce manque d’intĂ©rĂȘt, j’ai Parks.

Parks, c’est une balade dans les parcs naturels Ă©tatsuniens. L’objectif est de visiter le plus de parc. Il y a 4 manches comme les 4 saisons au cours desquelles l’objectif va ĂȘtre de rĂ©colter des souvenirs, et de dĂ©couvrir des parcs. Mais ce n’est pas tout ! Chaque joueureuse a une mission Ă  remplir pour gonfler le score final et rendre l’expĂ©rience unique.

Le jeu est beau ! J’aime y jouer quand j’ai envie de voir de belles illustrations et que j’ai un peu la flemme de lire une BD.

C’est riche, plein de petits dĂ©tails rĂ©alistes (l’équipement, la prise de photo
) La DA et l’ambiance me rappelle Firewatch, un jeu vidĂ©o narratif incroyable, oĂč j’ai pris beaucoup de plaisir Ă  me balader dans le parc, et oĂč la narration comme une trame de fond simple et Ă©vidente m’avait sĂ©duite (mais je vous garde ça pour plus tard
)
Dans Parks, (oui parce que j’ai tendance Ă  m’éparpiller) il y a plein de subtilitĂ©s, d’étapes, de symboles c’est un jeu hyper rythmĂ©. Et c’est peut-ĂȘtre le reproche que j’ai Ă  lui faire. J’aurais aimĂ© plus de contemplation, de sĂ©rĂ©nitĂ© comme Honshu. On tombe un peu dans l’écueil du joueur stĂ©rĂ©otypĂ© qui dit đŸ€“â˜ïž « si tu joues la carte bidule tu as un dĂ©lai de carence de 2 moins le bonus liĂ© Ă  ton jeton maudit, ça donne 8 pimprenelles ». Et ce rythme me frustre. Les parties sont longues, mais hachĂ©es, on profite peu des jolies cartes de parcs et on est sans cesse en train de collecter des ressources.

J’en parle quand mĂȘme parce que c’est un jeu indĂ©niablement beau, ambitieux, crĂ©atif et au rĂ©alisme bien dosĂ©. Si j’ai envie d’y rejouer, c’est pour sa mĂ©canique complĂšte et variĂ©e, pour les couleurs et les dessins. Ça fait longtemps, et je sais qu’on devra se replonger dans les rĂšgles parce qu’au bout de deux ans, nos souvenirs ne suffisent plus.

Voilà pour pour cette premiÚre sélection ! Une autre vous tente ? Et vous, vous jouez ? A quoi ?

Vous pouvez me retrouver sur Substack, pour avoir de mes nouvelles directement dans votre boĂźte mail dĂšs que je publie.

Encore de la lecture ?