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Accueil ‱ 🧠 pensĂ©es ‱ đŸ–ŠïžL’Ă©criture en atelier, un super laboratoire
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đŸ–ŠïžL’Ă©criture en atelier, un super laboratoire

Je vous parle d’ateliers d’Ă©criture parce que ce sont de beaux espaces de richesse.

J’aime Ă©crire (surprenant non ?) Et si j’évoquais dans mon dernier post l’écriture collective, c’est parce que j’ai beaucoup pratiquĂ© les ateliers d’écriture. En tant que participante surtout, mais aussi en tant qu’animatrice occasionnelle.

Et c’est ça dont je voulais parler aujourd’hui, des ateliers d’écriture et de son approche collective. Je vais surtout aborder les ateliers d’écriture crĂ©ative.

Dans un atelier d’écriture crĂ©ative, on produit plusieurs textes aprĂšs proposition faite par l’animateur-trice. On travaille des textes courts, qui n’ont souvent pas de continuitĂ© au sein de l’atelier.

⚠Je vais partager ma pratique des ateliers, qui n’est pas universelle ni complĂšte. Je vais laisser Ă  d’autres le soin de parler des ateliers d’écriture thĂ©rapeutiques et de construction de romans ou rĂ©cits longs. J’aborde les ateliers sous un angle collectif, ludique et gĂ©nĂ©reux.

La contrainte et la liberté

Une des premiĂšres formalisations connue des ateliers d’écriture nous vient du XXe, avec l’Oulipo mais aussi la ‘Pataphysique et les surrĂ©alistes. L’idĂ©e centrale d’un atelier d’écriture c’est la « proposition » qu’on appelle dans l’Oulipo une contrainte. Partir d’une contrainte, c’est s’offrir un cadre et provoquer l’acte crĂ©atif.

On pourrait croire que cette contrainte, si elle pousse l’acte crĂ©atif – ici l’écriture – pourrait nous faire tomber dans une forme performative de la pratique, soit « Ă©crire pour Ă©crire ». C’est ce point qui peut-ĂȘtre bloquant pour certain-e-s, qui la prennent alors pour ce qu’elle est basiquement : une contrainte, une difficultĂ© et donc un gros bloc qui se dresse entre la feuille et l’écrivain-e.

A ça, je rĂ©ponds que l’atelier d’écriture n’a pour ambition collective que de crĂ©er, de fabriquer, de tester. L’ambition individuelle de chaque participant-e lui appartient : certain-e-s viennent pour avancer son rĂ©cit, enrichir une pratique, prolonger son roman, partager un moment ludico-crĂ©atif


Et puis Ă©crire pour Ă©crire est un motif valable d’écriture, tous les motifs le sont, et il n’y a pas de raison plus noble qu’une autre pour Ă©crire.

Une proposition (je prĂ©fĂšre ce terme Ă  « contrainte ») peut ĂȘtre formelle (le lipogramme oĂč on Ă©crit sans certaines lettres comme La Disparition de Georges Perec, Ă©crit sans la lettre e), thĂ©matique (on Ă©crit sur l’amour), les deux. Elle peut ĂȘtre courte, longue, avec des Ă©tapes, construite Ă  partir d’un matĂ©riau commun
 La proposition doit ĂȘtre claire, comprise de toustes, cohĂ©rente, adaptĂ©e au public. Et bien sĂ»r, si elle offre un cadre, elle peut ĂȘtre outrepassĂ©e (ouais on est rebelles ici).

Ecrire ensemble, écrire avec

Dans un atelier, on est environ 6 Ă  10 participant-e-s, autour d’une table, papier, carnets, stylos, crayon sous les yeux, sourire aux lĂšvres, un peu intimidĂ©-e-s les premiĂšres fois Ă  l’idĂ©e d’écrire et de partager Ă  cĂŽtĂ© d’autres. Vient la proposition, puis le temps d’écriture, et enfin, le partage. Et puis parfois, on n’écrit pas.

Est-ce qu’on Ă©crit Ă  cĂŽtĂ© ou ensemble ? Je pense qu’on Ă©crit ensemble, qu’on se nourrit, que le cadre de l’atelier teinte indĂ©niablement nos productions et que l’anticipation du partage joue. On n’écrit pas seulement pour soi, mais aussi pour les autres, pour ce moment d’oralitĂ©.

J’aime travailler sur ce « ensemble » en prĂ©voyant dans la construction de la proposition un moment de construction collective. Ça peut ĂȘtre un travail sur les mots, des Ă©crits que d’autres vont s’approprier ou encore l’élaboration d’une idĂ©e collective comme dĂ©clencheur d’écriture.

On crée, on élabore, on précise

Si une des raisons Ă  la participation d’un atelier d’écriture c’est pour sa dimension collective, toutes les raisons existent et appartient Ă  chacun-e.

Mais quand mĂȘme, on y fait quoi ? On Ă©crit, oui, mais ça veut dire quoi ? AprĂšs tout, lĂ  aussi j’écris, non ?

Cette question pourrait ĂȘtre rĂ©flĂ©chie et pensĂ©e de maniĂšre bien plus longue et construite. Je vais y apporter une rĂ©ponse brĂšve et limitante : on Ă©crit. Guillaume, partageait une rĂ©flexion assez juste sur l’imagination, et faisait le parallĂšle avec le sport. MalgrĂ© ma haine pour le sport, le parallĂšle est pertinent : en Ă©crivant, on s’entraine.

Je prĂ©fĂšre manger Ă  faire un jogging, donc j’ai tendance Ă  rapprocher chaque aspect de ma vie l’écriture de la pratique culinaire. Un atelier d’écriture c’est une invitation Ă  associer de nouvelles saveurs, comme une glace chocolat piment, on ne sait pas ce que ça fait sur la langue tant qu’on n’a pas goĂ»tĂ©. On aime, ou pas, on veut retester ou pas mais on saura. On pourra regoĂ»ter, en parler, l’amĂ©liorer.

Et puis, on Ă©crit en Ă©crivant. Fabricando fit faber, « C’est en forgeant qu’on devient forgeron » comme dit l’adage. Plus que la pratique, on va affiner, assumer certains choix, apprendre Ă  ciseler, Ă  Ă©toffer. Et si on est déçu-e-s, frustrĂ©-e-s, ça fait partie de l’expĂ©rience. L’atelier offre un cadre, un support de rĂ©flexion sur « ce que j’aurais aimĂ© Ă©crire si j’avais le temps, si j’étais seul-e ». C’est de la matiĂšre qu’on construit, qu’on emporte chez soi.

Tous les mots enrichissent et construise notre imaginaire.

J’oubliais : on prend du plaisir aussi ! C’est un moment Ă  soi qu’on s’offre dans nos vies oĂč la crĂ©ativitĂ© est souvent sacrifiĂ©e au bĂ©nĂ©fice d’autres choses parfois tout aussi belles.😊


 

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