Depuis quelques temps, je sens l’anxiĂ©tĂ© sur le pas de ma porte mentale. PrĂȘte Ă sonner avec son doigt dĂ©charnĂ© et son sourire carnassier. Je ne vais pas lui ouvrir, parfois la politesse ne paie pas.
Mon formateur et ma psy me parlent de mĂ©ditation de yoga. Je ris. Moi ? Sur mon canapĂ© Ă fixer le mur en pensant Ă rien ? C’est plus une dĂ©pression qu’un apaisement. Je fais dĂ©jà ça le soir dans mon lit quand je fixe le plafond.
Quand mĂȘme, ça me fait cogiter cette histoire de « devoir se poser ».
Comme si « se poser » Ă©tait la rĂ©ponse Ă tout. Comme si « se poser » Ă©tait le synonyme de mĂ©diter. « MĂ©dite ! Ăa te fera du bien » est le nouveau « tu es triste ? ArrĂȘte ! »
Pourquoi cette obsession et cette croyance qu’il faut « ne rien faire » en mĂ©ditant ? Pourquoi cette injonction ?
Moi, je peux pas ne rien faire. Je comprends que ça aide certaines personnes mais moi, pas du tout !
Ăa me fait culpabiliser, ça m’angoisse mĂȘme quand tout va bien, ça me perturbe. Mon attention devient flottante et mon esprit part dans tous les sens, sans se fixer, attirĂ© par les abĂźmes de l’angoisse qui se matĂ©rialisent sous forme de questions. Quand je ne fais rien, je saute de questions en rĂ©ponses en questions en rĂ©ponses en questions en rĂ©ponses. Et par « questions » jâentends des questions type « On mange quoi ce soir ? », « Est-ce que jâai enlevĂ© ma clĂ© de la porte ? »
Mon corps ne fait rien mais mon esprit fabrique de la pensée et ça ne me repose pas du tout, me détend encore moins.
L’anxiĂ©tĂ© attend toujours sur le seuil de mon palais mental pour venir squatter mon bonheur quotidien sans payer de loyer.
Et j’ai envie de lui fermer la porte au nez, de lui tourner le dos et regarder des choses bien plus douces.




