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Accueil ‱ đŸ„° maternitĂ© ‱ đŸ˜±Bobbie Bagarre allaite avec ses NIBARDS !!
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đŸ˜±Bobbie Bagarre allaite avec ses NIBARDS !!

Ces derniers temps, mes seins ont Ă©tĂ© le sujet de quasi toutes mes interactions sociales. Et par « seins », je veux dire l’allaitement et ça me met dans une colĂšre noire.

Je n’étais pas sĂ»re de parler de ça aujourd’hui, parce qu’écrire sur la colĂšre ressemble Ă  un flot de mots violents, plein d’aigreurs et de mots revanchards. PlutĂŽt que partager de la rage, je vais partager mon expĂ©rience de l’allaitement, ce n’est pas exhaustif et c’est Ă©crit d’une traite. Si vous avez des questions, si je suis maladroite, vous pouvez Ă©videmment m’en faire part 🙂

(Y’a QUAND MÊME des morceaux de rage)

(Et non pas de visuel, parce que je suis en colĂšre, et quand je vois l’iconographie sĂ©lectionnĂ©e, c’était une ode Ă  la destruction avec des seins, donc bof.)

Je n’ai pas de posture sur l’allaitement.

J’allaite depuis bientît 19 mois en public ou à la maison, quand Saucisse le souhaite.
On me colle des Ă©tiquettes de maman militante, maman hippie, maman poule. Je suis jugĂ©e tous les jours par des proches et des inconnus. On me dit que je suis dĂ©pendante de ma fille, qu’elle est dĂ©pendante de moi.

Mais je m’en cogne. Je me suis lancĂ©e dans l’allaitement sans prĂ©voir sans ĂȘtre sĂ»re que ça fonctionnerait.

Mon parcours d’allaitement

J’ai trĂšs tĂŽt eu envie d’allaiter. Je l’ai su dĂšs que je suis tombĂ©e enceinte, mais je sais aussi que c’est une aventure Ă  deux, entre BĂ©bĂ© et moi. Je m’Ă©tais laissĂ© la possibilitĂ© de ne pas allaiter, et si BĂ©bĂ© ne veut pas ou ne peut pas ?
Et si je n’ai pas de lait ?
AprĂšs l’accouchement par cĂ©sarienne, on m’a sĂ©parĂ©e 2 heures de Saucisse. 2 heures qui ont durĂ© 2 siĂšcles.

Quand j’ai retrouvĂ© ce petit bĂ©bĂ©, j’ai fait quelque chose qui comptait pour moi, je l’ai posĂ©e sur mon ventre pour qu’elle vienne d’elle mĂȘme chercher le sein. Je ne voulais pas la coller direct contre mes seins, je voulais qu’elle prenne son temps, la sentir grimper et se positionner. Mais la sage-femme l’a attrapĂ©e et l’a positionnĂ©e avec fermetĂ© en me jetant un Ă©trange regard comme si j’étais un peu stupide ou un peu secouĂ©e.

Les jours qui ont suivi, Saucisse ne prenait pas assez de poids. Je voyais bien qu’elle tĂ©tait Ă  sa faim. MalgrĂ© le feu sur mes seins, je la regardais en souriant avec bonheur.

Les premiĂšres montĂ©es de lait Ă©tait impressionnantes. Les seins lourds + tendus + gonflĂ©s. Je suis passĂ©e d’un petit B Ă  un gros E.
Un mélange de surprise et de douleurs, de découvrir ce corps qui ne cesse de changer.

Mais Saucisse ne prenait pas assez de poids.

On l’a complĂ©mentĂ©e avec un petit tuyau et du lait de substitution, on m’a dit avec fermetĂ© « t’façon y’a des femmes qui y arrivent pas comme vous ».
On m’a demandĂ©e de tirer mon lait.
Je ressemblais Ă  une vache qui pleure, je n’ai pas rĂ©ussi.
Est-ce que je me suis sentie un peu nulle ? Oui sûrement.
Mais je me suis accrochĂ©e, je sentais bien que c’Ă©tait sa place Ă  Saucisse.
J’ai souffert Ă  en pleurer pendant presque 2 mois. Saucisse la mini goulue Ă©tait un peu brute et elle tĂ©tait toutes les 2h Ă  la minute prĂšs.

L’allaitement a continuĂ©, il s’est intĂ©grĂ© Ă  notre quotidien et jours et nuits.
Je sentais Saucisse grandir maintenant sa petite main caressait le sein en attente, ou caressait mon menton et mes lĂšvres, elle aimait rouler ma peau entre ses petits doigts.
À 6 mois, on a essayĂ© le biberon.
Je trouvais important que son pĂšre ait aussi son moment avec elle.
Échec.

En mĂȘme temps, l’allaitement c’est si pratique. Tu sors sans biberon, sans eau sans rien avec tes nichons (a priori on peut pas vraiment sortir sans) et c’est bon !
Ça n’avait pas encore d’importance. C’Ă©tait rare et rien ne me faisait douter de ces moments passĂ©es ensemble.

À partir de son premier anniversaire, ça s’est amplifiĂ©.
À ses 13 mois, ses doigts agiles ont commencĂ© Ă  sortir mes seins de la chemise.
À 14 mois on m’a reprochĂ©e d’ĂȘtre trop collĂ©e Ă  ma fille. Si vous connaissez une technique d’allaitement par tĂ©lĂ©pathie faites le moi savoir.
À 16 mois, les ennuis ont commencĂ©.
Les remarques, les conseils se sont faits insistants (souvent de mecs qui n’ont jamais eu la question de l’allaitement comme centrale dans leur vie). Je commence à prendre conscience que je vais devoir lutter.

Oui ma fille est collĂ©e Ă  moi oui l’allaitement est contraignant oui les gens voient mes seins et c’est mĂȘme pas pour leur plaire.

Ce qui m’enrage c’est quand on parle de mes seins toute une soirĂ©e, que ça revient, que les questions sont toujours les mĂȘmes, qu’on me demande si j’y prends du plaisir (sexuel donc), qu’on me conseille d’arrĂȘter pour laisser la place Ă  son pĂšre ou qu’on demande si ça ne gĂȘne pas Monsieur Bagarre.

Et je tiens tĂȘte.

Ce que je pense de l’allaitement ?

C’est pratique.

C’est un moment que j’ai aimĂ© comme j’ai aimĂ© donner le biberon et regarder ma fille les yeux dans les yeux.

Je ne me sens pas plus femme, pas plus mĂšre, pas “mieux” parce que je donne le sein. Juste plus fiĂšre de moi, d’oser sortir poitrine ouverte en public, dans le tram, dans les cafĂ©s et les parcs.

Je suis fiĂšre d’avoir tenu tĂȘte et d’avoir eu confiance en nous malgrĂ© ce que disaient les soignantes, parce qu’au fond, je savais que tout irait bien.

On arrĂȘtera l’allaitement quand on arrĂȘtera. Avec la crĂšche, l’école ou le temps.

Je refuse de servir un agenda politique. Je refuse qu’on me mette sur un piĂ©destal, qu’on me prĂ©sente comme une super mĂšre parce que j’allaite, que je donne le “meilleur” Ă  ma fille. Ce n’est pas mieux, il y a plein de choses que je n’ai pas donnĂ©es Ă  ma fille. Je refuse de participer Ă  une quelconque position qui tendrait encore Ă  rĂ©duire les femmes Ă  un rĂŽle de mĂšre, Ă  une fonction.

Je ne suis pas une fonction, je refuse de devenir un argument dans des débats essentialistes ou réac.

Je sais que je suis une bonne mĂšre. Parce que je ne suis pas parfaite, parce que parfois je n’y arrive pas et que j’en parle Ă  ma fille, parce qu’on fait ça ensemble, on dĂ©couvre ensemble la vie, le sommeil, les repas. Et l’allaitement n’est pas une Ă©chelle de valeur pour dĂ©terminer si une mĂšre est une bonne mĂšre.

Dernier message : les mecs vous nous faites chier à regarder nos seins, à nous en parler, à nous demander si on prend du plaisir. Si on suit votre logique, le tampax c’est l’extase ??
On en a RAS LE CUL de votre avis, personne ne vous le demande, aucune mùre ne demande l’avis d’un inconnu sur ses NIBARDS ni sur sa MATERNITE.

Oui, je suis en colĂšre parce qu’on doit se la fermer en permanence et que vous l’ouvrez pour juger notre intimitĂ©, nos choix, notre maternitĂ© ?

Commencez par payer l’éducation et les pensions alimentaires de vos gosses.

Vous pouvez me retrouver sur Substack, pour avoir de mes nouvelles directement dans votre boĂźte mail dĂšs que je publie.

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