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👵 Bobbie Bagarre détrousse des vieilles

Il y a deux semaines, je décide de sortir pour acheter du café dans une super boutique. Bébé sur le ventre, sac dans le dos et parapluie en main, zéparti pour une courte (més)aventure inédite !

Je suis — ou plutĂ´t j’Ă©tais — une grande anxieuse (je vous en reparle la semaine prochaine). Chaque sortie occasionnait une quantitĂ© de stress plus ou moins grande selon mon humeur et l’objet de ladite sortie. Aujourd’hui, l’anxiĂ©tĂ© est plus discrète voire inexistante, et les sorties sont plus apaisĂ©es. J’en tire – ou du moins j’essaie – toujours un petit quelque chose de positif. Mais laissons place Ă  l’aventure de ma vie ! (Laissez-moi dramatiser.)

Sortie tranquille avec le parapluie assassin

Je dĂ©teste mon parapluie ou plutĂ´t celui de mon conjoint que j’ai lâchement “emprunté” par flemme de faire quelques pas de plus pour attraper le mien, moins design moins luxe, certes, mais plus pratique. Ce parapluie n’a pas seulement un design elliptique (pour l’aĂ©rodynamique ?), il est aussi horriblement dur Ă  replier. Je dois m’enfoncer sa tĂŞte dans le ventre en pressant le manche Ă  ça de me transpercer le bide chaque fois que je rentre dans un magasin. Surtout qu’en ce moment mon ventre est occupĂ© par Saucisse, 14 mois. Donc, je sors avec mon parapluie assassin pour acheter du cafĂ©. J’arrive en boutique, me transperce ventre (l’astuce est de profiter de l’espace situĂ© entre les jambes Saucisse). Une cliente est lĂ , les vendeurs se moquent de ma tentative dĂ©sespĂ©rĂ©e de fermer mon parapluie discrètement, je ris avec eux, pose mon parapluie dans le bac prĂ©vu Ă  cet effet, une vieille dame rentre en boutique, pose Ă©galement son parapluie. Je choisis du cafĂ© pour la Bodum (notre percolateur a rendu l’âme) et pour une Breuer au cas oĂą mon conjoint1 ait la patience d’attendre 12 h que son cafĂ© infuse goutte Ă  goutte. Je paie et rentre sous la pluie avec Saucisse qui fait des coucous Ă  tous les gens qu’elle croise, nous forçant Ă  nous arrĂŞter tous les 5 mètres.

Faire et refaire sa journée, la joie de l’anxiété

ArrivĂ©e devant ma maison, je refais le chemin mental de mon après-midi (les anxieux-ses se passionnent pour refaire et dĂ©faire chaque instant de leur journĂ©e Ă  la recherche d’un Ă©lĂ©ment qui aurait pu mieux se passer et listant mentalement chaque moment de potentielle gĂŞne, autant vous dire qu’avec mon parapluie assassin la liste est longue). Je ferme mon parapluie avec Ă©lĂ©gance, finalement il est assez souple et que je suis vraiment trop nulle de ne pas rĂ©ussir l’exploit ordinaire de plier cette foutue toile impermĂ©able dignement. Je refais mon exploration mentale. La pluie La porte du magasin difficile Ă  ouvrir Le parapluie difficile Ă  fermer Saucisse qui gesticule Le bol Ă  parapluie La vieille qui entre “Un cafĂ© du Guatemala svp” Le “merci au revoir Ă  bientĂ´t” Et… Et le parapluie de la vieille !! J’ai chourave le parapluie de la vieille !! Je prie pour qu’elle ne soit pas morte traversĂ©e par le parapluie assassin comme une vulgaire brochette. Je ris comme la truie que je suis en me trouvant bien bĂŞte et raconte cette mĂ©saventure Ă  ma mère que j’appelle bien souvent pour partager ces banalitĂ©s de ma vie d’anxieuse.

Rire pour lutter contre mon anxiété

Si je raconte ça ce n’est pas seulement pour me dĂ©culpabiliser d’avoir dĂ©troussĂ© une vieille mais parce que ma rĂ©action d’aujourd’hui montre l’Ă©volution de mon anxiĂ©tĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e.

Il y a 2 ans tout cet épisode m’aurait été insurmontable. Aller dans des endroits où je suis connue, chit-chater, rire d’avoir volé une vieille… j’aurais passé des jours à cogiter, eu une insomnie. Si je garde ce réflexe de faire et refaire mes journées pour décortiquer tous les moments où je me suis trouvée nulle, j’arrive à m’en détacher et à en rire.

Edit :
Depuis, que j’ai écrit ce texte, je suis retournée au magasin, Les vendeurs m’ont demandé, sourire malicieux au coin des lèvres « vous n’avez pas un nouveau parapluie ? » mon cœur a failli me lâcher, donc je leur ai conté mes mésaventures avec mon parapluie assassin. On en a ri, d’autant que la vieille en question était aigrie, et n’était pas une cliente habituelle.

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