Je sais pourquoi je n’aurais jamais d’audience importante, et ça me va parfaitement. La productivitĂ©, la course aux followers, très peu pour moi.
Je ne fais rien pour avoir une grande audience, et je ne ferai jamais rien pour.
Parfois je me demande pourquoi j’écris, ce n’est pas pour la reconnaissance de masse, ce n’est pas non plus pour gagner ma vie alors pourquoi ?
Pourquoi j’écris et le partage à des inconnues ? Je suis toujours touchée quand ce que j’écris provoque une interaction. Les codes du langage sur Substack s’appellent like, restack, et commentaires. J’apprécie recevoir une de ces marques, comme une ponctuation, comme des clins d’œil ou des sourires dans une foule de caractères typographique et d’images standardisées. J’aime ces formes d’expressivités virtuelles.
Mon amour des stats
Je ne me prĂ©tends pas grande prĂŞtresse de la communication ou du marketing web, mais je suis une consommatrice comme une autre, que les tendances atteignent – parfois avec un train de retard j’avoue.
J’ai exercé dans la communication web (très peu mais assez pour me rendre compte que j’aimais beaucoup ça !) donc j’arrive à percevoir les leviers que j’aurais pu utiliser. Dans ma vie perso, et donc dans l’utilisation de Substack, j’ai choisi de mettre ça de côté. Comme si je ne savais pas quoi faire et comment.
Je ne veux pas écrire dans une logique consumériste, ni dans une logique de masse. J’écris comme un rapport individuel et j’essaie de soigner comme je peux chacune de mes interactions. Je préfère l’individualité à la masse, je préfère un échange spontané à un nombre de followers à trois chiffres.
Authentique on a dit ? Oui ce mot est Ă la mode.
Je ne veux pas que mes écrits entrent dans une logique consumériste de productivité et de rentabilité.
Je ne regarde plus mes stats. Je me suis arrêtée à ± 25 followers, c’était déjà plus que ce que j’avais envisagé . Depuis, pas de mesure, pas de recherche de capitalisation. J’écris sans regarder la longueur, j’ai viré les CTA, la possibilité d’accéder à une version payante.
Loin des algorithmes
Mon ego n’a pas besoin de ce petit boost lié un like j’imagine. De la fierté, oui j’en ressens, mais je n’ai jamais été “accro” aux likes, je n’ai d’ailleurs jamais été sur Insta, Tik Tok. Quand j’étais sur des applis de rencontres, je mettais tellement de filtres que je ne voyais quasiment pas les mecs qui me contactaient, j’avais donc peu d’échanges, peu de likes encore une fois.
Je me suis toujours méfié de mes addictions potentielles, et les social media peuvent en être. Oui, j’ai un FOMO (comme tout le monde ?) mais comme je lie peu en ligne et que je poste peu au regard de toutes les possibilités, je me tiens loin d’une addiction aux likes.
J’ai peur de mon ego, j’ai peur qu’il gonfle, qu’il prenne une place qui n’est pas la sienne, alors j’évite les précipices où il peut tomber.
Je parle de rien de tout de moi et du monde
Il doit bien y avoir une logique d’illégitimité, comme si je ne me sentais pas légitime de parler des choses qui “marchent” qui font le buzz, parce que je ne suis pas assez experte.
Cette manière d’écrire à son pendant négatif, j’écris sans savoir sur quoi, si ce n’est sur moi. C’est foutraque, pas vraiment organisé. J’évite d’en parler dans la vraie vie du monde réel où on peut toucher des gens avec nos doigts parce que je serais infoutue d’expliquer ce que j’écris.
J’ai bien essayé une fois, mais hé ça sonnait comme un truc un peu nul et plat. Ça l’est sûrement parce que j’écris à l’inspiration, quand j’ai envie et quand je considère que j’ai à dire peut être recevable par une inconnue.
Et déjà , ça ne me met pas à l’aise. Pourquoi moi plutôt qu’une autre ?
Quand une amie m’a dit “s’il y a un livre sur la grossesse qui serait intéressant ce serait bien le tien” j’ai été honorée et gênée, intimidée par ma propre parole.
Accepter de décevoir
Vous serez peut-être déçue parce que j’écris par vague, parfois ça déçoit on croit lire une meuf cool et en fait non, parfois on lit les mots d’une maman mais parfois elle parle de la couleur des murs de sa maison, et puis j’écris sur mes insécurités, sur le parfum ou la liste de ce que j’envisage d’acheter pour ma maison.
J’écris sur ce que je peux attraper avec mes mains ou mes mots, sur la matière et les pensées.
Je pourrais écrire sur les meilleurs ustensiles de cuisine comme sur la manière dont ma pensée politique s’est construite (tordue et pas assez conceptuelle).
Alors, merci.
Merci de me lire et de supporter l’irrégularité et les bosses.
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