Quand on veut changer de mĂ©tier ou de secteur, on se retrouve souvent face au constat dĂ©sarmant de notre nullitĂ© professionnelle. Ăa ressemble Ă un grand mur, bien moche comme celui de mon salon en passe dâĂȘtre repeint (enfin !!)
Alors dĂ©jĂ , câest faux, on nâest pas des nullos (mais vous vous en doutiez) et surtout, câest normal dâĂȘtre incompĂ©tent-e quand on se lance dans un nouveau mĂ©tier ou projet.
Une constellation de métier
Jâai dĂ©jĂ parlĂ© du fait que je voulais me reconvertir complĂštement, câest un dĂ©but, mais ça ne mĂšne pas loin. Pour donner une orientation Ă ce changement, câest toujours plus facile dâavoir un mĂ©tier en tĂȘte. Jâai prĂ©sĂ©lectionnĂ© plusieurs mĂ©tiers qui me faisaient de lâĆil. La personne qui nous accompagne nous conseille de faire toujours 2 choix bien diffĂ©rents « au cas oĂč ».
Mais comment choisit-on ?
Imaginons quâon se projette auxiliaire de puĂ©riculture par exemple, on le fait pour mettre en pratique 1. des compĂ©tences en lien avec les enfants, 2. pour prendre soin des autres, 3. Pour Ă©voluer dans le domaine de la santĂ©. En sâappuyant sur ces 3 piliers que sont les compĂ©tences, centres dâintĂ©rĂȘt et le domaine professionnel ; on dĂ©couvre que plein dâautres mĂ©tiers existent.
Toujours pour auxiliaire puer : en compĂ©tences communes on retrouve ATSEM, en centre dâintĂ©rĂȘt (prendre soin des autres), on retrouve dentiste (oui) ou encore Technicienne en intervention sociale et familiale, et dans le domaine de la santĂ© on retrouve des mĂ©tiers comme technicienne de laboratoire ou audioprothĂ©siste Et comme ça, en fouillant (un vrai rabbit hole), on dĂ©couvre des mĂ©tiers, des secteurs, sans idĂ©es prĂ©conçues.
Je voulais travailler dans « le social » sans jamais oser, car on me le dĂ©conseillait. En creusant, jâai dĂ©couvert un nombre incroyable de mĂ©tiers avec chacun des spĂ©cificitĂ©s, des nuances, jusquâĂ ce que je trouve une petite pĂ©pite !
OĂč chercher tout ça ? Sur le site de France Travail qui, pour le coup, est une mine dâor dâinformations introuvables. Ce site est absolument contre-intuitif, lâergonomie est terrible mais je suis toujours dispo pour vous donner des tips si besoin (et il faut que je fasse un guide, mais le temps me manque).
Des compétences par centaines (ou presque)
Ătre compĂ©tente est important pour moi, jâaime ĂȘtre utile, reconnue pour ce que je fais et jâaime ce sentiment de fiertĂ© quand je finis un travail ou un projet que jâai pensĂ©, construit et dĂ©veloppĂ©. Je sais que je suis capable, mais jâai du mal Ă pointer en quoi.
Aujourdâhui, je fais assez confiance aux autres et Ă la relation qui nous lie pour ĂȘtre satisfaite de moi. Mais quand mĂȘme, quand je suis seule, face Ă mon miroir, juchĂ©e sur la pointe des pieds car il est un peu haut pour moi, est-ce que je me trouve aussi bien ? Mouais, câest mieux quâavant mais ce nâest pas encore ça.
Je mets donc en pratique ce quâon mâa enseignĂ© lors de cet accompagnement.
Clic clic (câest ma souris), go sur France Travail, et câest partie pour lâexpĂ©rience exaltante de rĂ©aliser mon CV. Ăa ne parait rien, mais aprĂšs avoir listĂ© mes expĂ©riences (toutes, mĂȘme les stages), le site me propose dây adjoindre des compĂ©tences prĂ©sĂ©lectionnĂ©es. Câest long, fastidieux, mais au fur et Ă mesure, on arrive Ă une liste de plus de 80 compĂ©tences, et il en manque encore.
Identifier nos compétences acquises est essentiel. Et oui, tout le monde en a. Le référentiel de France Travail (oui encore eux), comptabilise plus de 6000 compétences, de quoi faire le point.
Pourquoi faire ça ? Pourquoi passer un temps monstre Ă cocher des petites cases qui prouvent que je sais faire x ou x trucs ? eh bien, niveau confiance en soi, ça aide. De voir ces compĂ©tences mises au mĂȘme niveau, ça mâa permis de faire le point sans me juger, de ne pas me positionner comme celle qui « ne sait pas faire » mais de se dire « je sais faire ça ET ça ET ça ». Avec toutes ces briques, on bĂątit un mur solide, mĂȘme les compĂ©tences quâon juge inutiles au premier abord sont finalement de solides fondations.
Dans un deuxiĂšme temps, on sâautoĂ©value avec des Ă©toiles. Je trouve ça inutile et infantilisant. Le niveau dâune compĂ©tence dĂ©pend dâun contexte, dâune maniĂšre de faire. Si aujourdâhui je considĂšre que dans tel cadre je suis Ă 1 Ă©toile, peut-ĂȘtre que ce sera considĂ©rĂ© comme 3 Ă©toiles dans un autre job. Mais passons, peut-ĂȘtre que quelquâun saura mâexpliquer lâutilitĂ© de se noter dans une sociĂ©tĂ© oĂč on doit TOUT juger, tout Ă©valuer. Bref, on vit dans une sociĂ©tĂ©, Ă un moment faut lâintĂ©grer.
Je ne sais pas que « faire » des choses
Je sais faire plein de choses, OK. Mais je suis aussi crĂ©ative et jâai plein de connaissances sur des thĂ©matiques prĂ©cises, ça compte ça ? Bien sĂ»r ! Les compĂ©tences concernent aussi les savoirs et les savoir-ĂȘtre. Et ça, câest important, aussi important quâun savoir-faire.
Un savoir-ĂȘtre ça nous semble innĂ© donc on le dĂ©valorise. Mais tout le monde ne sait pas travailler en Ă©quipe, ni faire preuve de leadership ou dâĂ©coute. Tout le monde nâest pas rigoureux, pour autant si on veut ĂȘtre comptable ça semble ĂȘtre un savoir-ĂȘtre essentiel.
Et puis il y a notre culture personnelle, on considĂšre ça comment ? Je suis lectrice de livre jeunesse, je mây connais en cuisine, ça compte ça ? OUI.
Pour distinguer un savoir dâun savoir-ĂȘtre voici un exemple, donnĂ© par celle qui mâaccompagne dans la reconversion : la politesse. On sait tous ĂȘtre poli, mais combien lâappliquent ? Regardez Finkelkraut, il sait quâil faut ĂȘtre poli, mais non, il sâentĂȘte Ă ĂȘtre dĂ©sagrĂ©able. (Vaut pour les animateurs de CNews) Savoir = connaĂźtre la politesse / Savoir-ĂȘtre : lâappliquer.
Savoir-ĂȘtre et savoirs donnent une couleur Ă nos savoirs-faire, qui fait partie de votre arbre de compĂ©tences et câest essentiel.
Petit Ă petit, jâarrive au constat que je sais faire plein de choses diffĂ©rentes, complĂ©mentaires et câest ce dont jâavais besoin, dâĂȘtre rassurĂ©e. Et câest ça, qui a boostĂ© cette confiance en moi, que clic aprĂšs clic, sans mâen rendre compte, je me dĂ©couvre des dizaines de compĂ©tences, certaines ordinaires, dâautres plus valorisantes. Face Ă cette liste, je me sens enfin capable.
Choisir nâest PAS renoncer
Maintenant que je sais que je suis compĂ©tente et que jâai une idĂ©e plus ou moins prĂ©cise de ce que jâaimerais faire (beaucoup de mĂ©tiers quand mĂȘme, que jâai du mal Ă prioriser), câest lâheure du choix.
Et si on veut TOUT faire ? Fleuriste, libraire, enseignante, assistante maternelle, relieuse et maroquiniÚre, ça me plairait bien ! Comment on fait pour choisir ?
Choisir nâest PAS renoncer. Je lâai cru et je ne suis pas la seule. Câest une croyance hyper limitante qui empĂȘche toute possibilitĂ© de sâautoriser « autre chose », de changer. Câest bien beau, mais maintenant que je sais ça câest PIRE, je sais encore moins quoi choisir. Comment on fait Bobbie pour choisir du coup ? Eh bien dĂ©jĂ , je me dis que choisir nâest pas exclure, mais prioriser pour lâinstant. Comment prioriser ? (Oui, on y va petit Ă petit, avec de la patience et de la sĂ©rĂ©nitĂ©, tout va mieux). DĂ©jĂ , faire un bilan de sa vie, de ses ressources (financiĂšres notamment), de ses freins (enfants Ă garder, permis ou non, temps disponible ou non). Faire ce travail, câest mettre en place des critĂšres de choix. Je veux faire relieuse, quâest ce qui mâen empĂȘche aujourdâhui ? La durĂ©e de la formation, son coĂ»t ou sa localisation par exemple. PlutĂŽt que de renoncer, je dĂ©cale ce projet. Sans renoncer, jâattends le moment opportun.
Ăa semble plus simple, on ne se ferme aucune porte « par principe », on les laisse entrebĂąillĂ©es, jusquâĂ pouvoir les ouvrir ou les refermer.




