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🐛Imaginer un nouveau quotidien (2/2)

Je vous ai laissĂ©-e-s la derniĂšre fois avec un super cliffangher : j’avais pris confiance en moi grĂące Ă  France Travail. Que quoi qu’est-ce ? Me direz-vous crachant votre verre d’eau sur votre Ă©cran.

Quand on veut changer de mĂ©tier ou de secteur, on se retrouve souvent face au constat dĂ©sarmant de notre nullitĂ© professionnelle. Ça ressemble Ă  un grand mur, bien moche comme celui de mon salon en passe d’ĂȘtre repeint (enfin !!)

Alors dĂ©jĂ , c’est faux, on n’est pas des nullos (mais vous vous en doutiez) et surtout, c’est normal d’ĂȘtre incompĂ©tent-e quand on se lance dans un nouveau mĂ©tier ou projet.

Une constellation de métier

J’ai dĂ©jĂ  parlĂ© du fait que je voulais me reconvertir complĂštement, c’est un dĂ©but, mais ça ne mĂšne pas loin. Pour donner une orientation Ă  ce changement, c’est toujours plus facile d’avoir un mĂ©tier en tĂȘte. J’ai prĂ©sĂ©lectionnĂ© plusieurs mĂ©tiers qui me faisaient de l’Ɠil. La personne qui nous accompagne nous conseille de faire toujours 2 choix bien diffĂ©rents « au cas oĂč ».

Mais comment choisit-on ?

Imaginons qu’on se projette auxiliaire de puĂ©riculture par exemple, on le fait pour mettre en pratique 1. des compĂ©tences en lien avec les enfants, 2. pour prendre soin des autres, 3. Pour Ă©voluer dans le domaine de la santĂ©. En s’appuyant sur ces 3 piliers que sont les compĂ©tences, centres d’intĂ©rĂȘt et le domaine professionnel ; on dĂ©couvre que plein d’autres mĂ©tiers existent.

Toujours pour auxiliaire puer : en compĂ©tences communes on retrouve ATSEM, en centre d’intĂ©rĂȘt (prendre soin des autres), on retrouve dentiste (oui) ou encore Technicienne en intervention sociale et familiale, et dans le domaine de la santĂ© on retrouve des mĂ©tiers comme technicienne de laboratoire ou audioprothĂ©siste Et comme ça, en fouillant (un vrai rabbit hole), on dĂ©couvre des mĂ©tiers, des secteurs, sans idĂ©es prĂ©conçues.

Je voulais travailler dans « le social » sans jamais oser, car on me le dĂ©conseillait. En creusant, j’ai dĂ©couvert un nombre incroyable de mĂ©tiers avec chacun des spĂ©cificitĂ©s, des nuances, jusqu’à ce que je trouve une petite pĂ©pite !

OĂč chercher tout ça ? Sur le site de France Travail qui, pour le coup, est une mine d’or d’informations introuvables. Ce site est absolument contre-intuitif, l’ergonomie est terrible mais je suis toujours dispo pour vous donner des tips si besoin (et il faut que je fasse un guide, mais le temps me manque).

Des compétences par centaines (ou presque)

Être compĂ©tente est important pour moi, j’aime ĂȘtre utile, reconnue pour ce que je fais et j’aime ce sentiment de fiertĂ© quand je finis un travail ou un projet que j’ai pensĂ©, construit et dĂ©veloppĂ©. Je sais que je suis capable, mais j’ai du mal Ă  pointer en quoi.

Aujourd’hui, je fais assez confiance aux autres et Ă  la relation qui nous lie pour ĂȘtre satisfaite de moi. Mais quand mĂȘme, quand je suis seule, face Ă  mon miroir, juchĂ©e sur la pointe des pieds car il est un peu haut pour moi, est-ce que je me trouve aussi bien ? Mouais, c’est mieux qu’avant mais ce n’est pas encore ça.

Je mets donc en pratique ce qu’on m’a enseignĂ© lors de cet accompagnement.

Clic clic (c’est ma souris), go sur France Travail, et c’est partie pour l’expĂ©rience exaltante de rĂ©aliser mon CV. Ça ne parait rien, mais aprĂšs avoir listĂ© mes expĂ©riences (toutes, mĂȘme les stages), le site me propose d’y adjoindre des compĂ©tences prĂ©sĂ©lectionnĂ©es. C’est long, fastidieux, mais au fur et Ă  mesure, on arrive Ă  une liste de plus de 80 compĂ©tences, et il en manque encore.

Identifier nos compétences acquises est essentiel. Et oui, tout le monde en a. Le référentiel de France Travail (oui encore eux), comptabilise plus de 6000 compétences, de quoi faire le point.
Pourquoi faire ça ? Pourquoi passer un temps monstre Ă  cocher des petites cases qui prouvent que je sais faire x ou x trucs ? eh bien, niveau confiance en soi, ça aide. De voir ces compĂ©tences mises au mĂȘme niveau, ça m’a permis de faire le point sans me juger, de ne pas me positionner comme celle qui « ne sait pas faire » mais de se dire « je sais faire ça ET ça ET ça ». Avec toutes ces briques, on bĂątit un mur solide, mĂȘme les compĂ©tences qu’on juge inutiles au premier abord sont finalement de solides fondations.

Dans un deuxiĂšme temps, on s’autoĂ©value avec des Ă©toiles. Je trouve ça inutile et infantilisant. Le niveau d’une compĂ©tence dĂ©pend d’un contexte, d’une maniĂšre de faire. Si aujourd’hui je considĂšre que dans tel cadre je suis Ă  1 Ă©toile, peut-ĂȘtre que ce sera considĂ©rĂ© comme 3 Ă©toiles dans un autre job. Mais passons, peut-ĂȘtre que quelqu’un saura m’expliquer l’utilitĂ© de se noter dans une sociĂ©tĂ© oĂč on doit TOUT juger, tout Ă©valuer. Bref, on vit dans une sociĂ©tĂ©, Ă  un moment faut l’intĂ©grer.

Je ne sais pas que « faire » des choses

Je sais faire plein de choses, OK. Mais je suis aussi crĂ©ative et j’ai plein de connaissances sur des thĂ©matiques prĂ©cises, ça compte ça ? Bien sĂ»r ! Les compĂ©tences concernent aussi les savoirs et les savoir-ĂȘtre. Et ça, c’est important, aussi important qu’un savoir-faire.

Un savoir-ĂȘtre ça nous semble innĂ© donc on le dĂ©valorise. Mais tout le monde ne sait pas travailler en Ă©quipe, ni faire preuve de leadership ou d’écoute. Tout le monde n’est pas rigoureux, pour autant si on veut ĂȘtre comptable ça semble ĂȘtre un savoir-ĂȘtre essentiel.

Et puis il y a notre culture personnelle, on considùre ça comment ? Je suis lectrice de livre jeunesse, je m’y connais en cuisine, ça compte ça ? OUI.

Pour distinguer un savoir d’un savoir-ĂȘtre voici un exemple, donnĂ© par celle qui m’accompagne dans la reconversion : la politesse. On sait tous ĂȘtre poli, mais combien l’appliquent ? Regardez Finkelkraut, il sait qu’il faut ĂȘtre poli, mais non, il s’entĂȘte Ă  ĂȘtre dĂ©sagrĂ©able. (Vaut pour les animateurs de CNews) Savoir = connaĂźtre la politesse / Savoir-ĂȘtre : l’appliquer.

Savoir-ĂȘtre et savoirs donnent une couleur Ă  nos savoirs-faire, qui fait partie de votre arbre de compĂ©tences et c’est essentiel.

Petit Ă  petit, j’arrive au constat que je sais faire plein de choses diffĂ©rentes, complĂ©mentaires et c’est ce dont j’avais besoin, d’ĂȘtre rassurĂ©e. Et c’est ça, qui a boostĂ© cette confiance en moi, que clic aprĂšs clic, sans m’en rendre compte, je me dĂ©couvre des dizaines de compĂ©tences, certaines ordinaires, d’autres plus valorisantes. Face Ă  cette liste, je me sens enfin capable.

Choisir n’est PAS renoncer

Maintenant que je sais que je suis compĂ©tente et que j’ai une idĂ©e plus ou moins prĂ©cise de ce que j’aimerais faire (beaucoup de mĂ©tiers quand mĂȘme, que j’ai du mal Ă  prioriser), c’est l’heure du choix.

Et si on veut TOUT faire ? Fleuriste, libraire, enseignante, assistante maternelle, relieuse et maroquiniÚre, ça me plairait bien ! Comment on fait pour choisir ?

Choisir n’est PAS renoncer. Je l’ai cru et je ne suis pas la seule. C’est une croyance hyper limitante qui empĂȘche toute possibilitĂ© de s’autoriser « autre chose », de changer. C’est bien beau, mais maintenant que je sais ça c’est PIRE, je sais encore moins quoi choisir. Comment on fait Bobbie pour choisir du coup ? Eh bien dĂ©jĂ , je me dis que choisir n’est pas exclure, mais prioriser pour l’instant. Comment prioriser ? (Oui, on y va petit Ă  petit, avec de la patience et de la sĂ©rĂ©nitĂ©, tout va mieux). DĂ©jĂ , faire un bilan de sa vie, de ses ressources (financiĂšres notamment), de ses freins (enfants Ă  garder, permis ou non, temps disponible ou non). Faire ce travail, c’est mettre en place des critĂšres de choix. Je veux faire relieuse, qu’est ce qui m’en empĂȘche aujourd’hui ? La durĂ©e de la formation, son coĂ»t ou sa localisation par exemple. PlutĂŽt que de renoncer, je dĂ©cale ce projet. Sans renoncer, j’attends le moment opportun.

Ça semble plus simple, on ne se ferme aucune porte « par principe », on les laisse entrebĂąillĂ©es, jusqu’à pouvoir les ouvrir ou les refermer.

Vous pouvez me retrouver sur Substack, pour avoir de mes nouvelles directement dans votre boĂźte mail dĂšs que je publie.

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