rendons les mardis plus joyeux

Accueil • 🏠maison • 🎄Capitalisme, guirlandes et chocolat chaud
Accueil • 🏠maison • 🎄Capitalisme, guirlandes et chocolat chaud

🎄Capitalisme, guirlandes et chocolat chaud

Mea Culpa, je parle déjà de Noël, comme une ambassadrice parfaite d’une société de consommation abrutissante. Vous pouvez m’en vouloir.

On l’a déjà remarqué et on râle chaque année, les décorations de Noël ont fait leur apparitions dans les rayons des grandes enseignes.

Et j’ai un peu honte, mais ça me réjouit. Un peu honte parce que j’essaie toujours de consommer au mieux, trouver le juste équilibre entre plaisir et conviction. Dire que consommer est un choix politique, un acte décisionnel qui donne du poids et de la valeur, qu’un échange commercial est une forme d’échange et transmission de pouvoir et de savoir est désormais admis. A l’heure d’une réflexion collective et mondiale sur notre manière de consommer et vu mon orientation politique, je devrais râler. Mais quand Noël arrive, mon anticapitalisme et ma volonté de non-consommer se noient dans les publicités criardes.

Des néons et du jetable

Le fait est que je me sens loin – à tort je suppose – de ces logiques de consommation. Je faisais un tour en ville avec une amie récemment, et nos regards se posaient différemment sur les enseignes. Je les côtoie assez peu, préférant la seconde main depuis que je suis en mesure de consommer aux prix écrits en grand des rayons trop lumineux, à la musique tapageuse.

Je ne consomme peu dans les enseignes « pas chères », je réfléchis avant un acte d’achat. Je trouve que j’ai toujours trop d’objet, je vais mettre en place la règle prochainement une entrée = une sortie. Chaque objet entrant devra entrainer la sortie d’un objet dans ma maison.

Tout ça ne fait pas de moins une meilleure ou moins bonne personne, si on est honnête, j’ai un niveau de vie qui me permet d’éviter Action et les magasins de jetable. Je suis juste une consommatrice rigoureuse, sélective et pas très tendance.

Et puis, je n’aime pas les gadgets, je n’aime pas l’électroménager, j’aime faire, fabriquer et manger.

Tout offrir, surtout du plastique

Quand on est maman, on est assaillies de publicités alléchantes, de ce jouet qui rendra ton môme plus intelligent, plus heureux et plus beau, ta maison pourra crier enfin « je suis maman, et pas n’importe laquelle, une maman stylée et épanouie ».

Je suis maman d’une fille unique et suis toujours dans la crainte d’un possible ennui – la surstimulation des enfants est un sujet que je pourrai aborder plus tard d’ailleurs. Et puis, dire « non » à son enfant est toujours frustrant pour moi quand je déborde de générosité et que je voudrais TOUT lui donner. On ne peut pas tout donner, ni tout offrir. On ne peut pas combler des manques qui n’existent pas ou qu’on projette, et je dois travailler sur moi à ce sujet.

Ma fille a un peu trop tendance à dire « on achète » et ça me dérange profondément. Je sais que c’est aussi porté par sa curiosité, elle adore les magasins, regarder, toucher, demander 10 fois par minutes « c’est quoi ça ? ». Jamais elle n’a fait de caprice pour un achat, ouf !

Et les achats que je fais pour elle sont la plupart du temps des achats qui mènent vers un moment ensemble, des feutres, crayons, gommettes ou lecture.

Princesse Saucisse

J’essaie de faire de Noël, l’occasion de créer une surprise durable, de pouvoir utiliser des jouets ou du matériel créatif sur du long terme.

Nous sommes mi-octobre, et j’ai déjà acheté plusieurs cadeaux pour Saucisse. Je peux ainsi étaler les dépenses, et me tenir loin des promesses des publicités de Noël, et fonctionner en fonction de ses envies ou de ses besoins de l’année.
En réalité, je prévois depuis longtemps, quand je trouve un livre qui conviendrait à une enfant de 3, 4 ou même 8 ans, je l’achète, l’emballe, y colle un post-it, « Saucisse, 6 ans ».

On aura la surprise dans quelques années. J’aime l’idée que plus tard, elle voit qu’elle a été déjà imaginée grande alors qu’elle n’avait que quelques mois, qu’elle a été aimée bébé, petite fille et enfant alors qu’elle ne pesait que l’équivalent de 5 paquets de sucre.

Fabriquer des trésors

Cette année, Saucisse est assez grande pour vivre la joie éphémère de ce mois de Noël. Comme je suis très attachée à l’hiver qui rosit mes joues, et à la chaleur des cafés lumineux, j’ai décidé de faire de ces mois d’hiver des mois chaleureux. Aussi parce qu’en hiver c’est que sortir prendre l’air est moins agréable, je privilégie les activités d’intérieur.

C’est ainsi que le Calendrier de l’avent va faire son apparition cette année, cousu main et réutilisable, il sera rempli de petits mots indiquant où trouver des cadeaux, une vraie chasse au trésor dans la maison !

Les trĂ©sors ? Ce sont des petits objets dont Saucisse raffole, des dĂ©s, des chocolats (noirs s’il vous plait), des petites voitures, des Ă©lĂ©ments faits mains pour sa dinette… Et puis pour le 24, une petite pochette surprise. Ce calendrier rentrera dans notre quotidien, un nouveau rituel de sourires et d’amour. J’espère que ce nouveau moment continuera Ă  ritualiser nos journĂ©es, jusqu’à l’endormissement.

Etre avec les miens

Chaque juillet, je me pose pour préparer Noël. Pour ma famille, je tricote ou fabrique de mes mains, et ça prend du temps : choisir les matières, les couleurs, les modèles. Cette année, je n’ai pas pu en raison de douleurs aux mains. Je vois peu ma famille en raison de la distance, et préparer des choses pour eux me fait sentir plus près.

Noël, c’est aussi pour moi l’occasion de voir mes proches, ensemble, ce qui est assez rare et précieux. Ça permet de partager un moment dans un même lieu et place, autour de nos sourires, d’un plat et d’une Saucisse-starlette super fière d’être le centre du monde (ce qui ne change pas de son quotidien vous direz).

Ce que je déteste de cette période

Je ne serais pas Bobbie si je ne râlais pas un peu. Il y a bien des choses que je n’aime pas dans ces festivités. Les publicités criardes et l’appel à la consommation excessive, les photos parfaites de maison richement décorées, la quantité de papier cadeaux qui seront jetés, le scotch, le ruban, les enfants qui n’auront rien, ceux pour qui Noël n’est pas une fête joyeuse, l’alcool et les accidents.

Evidemment, mais comme beaucoup, je fais l’insouciante, je ferme les yeux, me bouche les oreilles en criant « la la la les guerres n’existent pas ». Les régressions, ces moments de puérilité déconnectée sont nécessaires à mon équilibre. Comme un match de foot qui fait vibrer des millions de personnes, vivre Noël avec la terre entière a ce goût de bonheur collectif illusoire. Les bombes tomberont encore à Gaza, les gens mourront de faim et de froid, les malades ne guériront pas subitement mais Saucisse aura des cadeaux. Même si j’aime Noël pour moi et mes proches, il n’en a pas moins une saveur amère.

Et vous, vous vivez comment cette période, vous arrivez à ne pas craquer ?

Vous pouvez me retrouver sur Substack, pour avoir de mes nouvelles directement dans votre boîte mail dès que je publie.

Encore de la lecture ?